• Christian B.

La Norvège des Fjords

Mis à jour : avr. 20


Du nord au sud du pays, sur plus de 1.750 kilomètres, les côtes de Norvège sont incroyablement découpées, il suffit de consulter n'importe quel atlas pour le constater. Les plus grands fjords se trouvent entre Ålesund et Bergen ; pour les topo-guides, c'est la « Norvège des Fjords ».

Venant du Nord, nous avons abordé la région à Åndalnes, petite bourgade au fond du Romdalsfjorden (en fait l'Istfjorden pour la branche du fjord devant la cité, pour être précis).

De là, la route commence à monter gentiment dans la vallée de l'Isterdalen pour venir buter contre une haute paroi impressionnante dans laquelle une route a été audacieusement tracée, la « Trollstigenveien » ( la Route des Trolls ) et d'évidence, ce sont des trolls qui ont aidé à la construire ! La route y est étroite, avec onze virages dans une pente oscillant entre 10% et 12 %, entre deux cascades, la Stigfoss (chutant sur 180 mètres de hauteur), et la Tverrelv.

Croiser un autre véhicule n'est possible que de loin en loin sur de courts emplacements. C'est me semble-t-il, plus impressionnant que la route de La Bérarde en Oisans, une route à faire peur aux camping-caristes non habitués aux routes de montagne...

Arrivé à 800/900 mètres d'altitude, le voyage se poursuit dans une vallée dont la ressemblance avec la Haute Maurienne interpelle le savoyard. La route revient lentement au niveau de la mer à Linge, au bord du Norddalsfjorden que l'on traverse par un ferry pour prendre la « Ørnevegen » ( la Route des Aigles ) qui mène sur une hauteur dominant le Geirangerfjord, le parangon des fjords norvégiens : le fjord est une vallée en auge étroite, aux parois verticales avec des cascades dévalant des faces abruptes, des eaux turquoises et des sommets enneigés. Les eaux du fjord sont si profondes sur près de 200 kilomètres de long que le Geiranger reçoit la visite d'imposants bateaux de croisière ! C'est un panorama incroyable qu'on découvre avant de plonger sur le village en contrebas.

De l'autre côté du fjord, après une longue remontée sur une route un peu plus large aux multiples virages, c'est encore un paysage magnifique que l'on découvre : torrents déboulant du sommet de montagnes encore bien enneigées, lacs gelés et plateaux rocailleux alternent.

Après Grotli, le paysage se transforme au fur et à mesure qu'on perd de l'altitude avec de grandes forêts, de petites prairies, des maisons de bois largement dispersées, un parcours réellement splendide à faire par beau temps, ce qui était le cas !

Le jour suivant, après Lom, petite ville au confluent de trois vallées, connue pour sa très belle « stavkirke », nous avons repris le chemin des sommets avec la remontée de la vallée de la Bøverdalen, suivie de celle de la Leirdalen pour enfin gagner à 1.400 mètres d'altitude, le Sogneffjell, face aux glaciers du Jotunheimen Nasjonalpark, alors que, de part et d'autre de la route, la hauteur de neige était surprenante. Au col (1.417 m), bien du monde : une piste de ski de fond y avait été tracée et s'entraînaient les équipes norvégiennes de ski nordique.

La route descend ensuite en virages serrés pour regagner le niveau de la mer et longer la rive ouest du Lustrafjorden, une branche de l'imposant Sognfjorden, le plus long fjord d'Europe avec ses 204 kilomètres (le second au monde après le Scoresby au Groenland).

Après une visite à l'admirable stavkirke d'Urnes, nous avons traversé ce géant, aux rives abruptes, aux cascades bondissantes et aux bras latéraux encaissés, pour gagner Lærdal terme de l'étape d'une longue journée encore ensoleillée.

Deux journées somptueuses !

Nota : Les fjords norvégiens ont été classés au Patrimoine Mondial de l'Humanité par l'UNESCO.

Écrit à Lærdal, le 12/06/2013


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