• Christian B.

Un jour de tempête

Mis à jour : avr. 20


Jeudi 13 février Maso ! Oui, il faut maso pour être en montagne aujourd'hui avec un temps pareil ! Ça fait une heure que je trace péniblement dans une neige lourde qui provoque des sabots qui collent aux peaux de phoque sous les skis ; tous les cinq ou six mètres, il faut taper sur les skis pour que ces sabots se décollent. Épuisant !

Le grésil a maintenant remplacé la neige mouillée et glaçante qui tombait lorsque nous avons quitté Grand Naves (1.325 m) ce jeudi vers 9 heures 30 pour rejoindre le Refuge du Nant du Beurre (2.080 m) en Tarentaise où ma cliente préférée m’avait demandé depuis longtemps de l’y mener car elle devait faire une présentation sur « la montagne et la faune en hiver » à de futurs cadres des clubs alpins qui, eux, étaient montés en raquettes hier avec le beau temps !

Françoise, la prévisionniste de la station de Chamonix de MétéoFrance a annoncé ce matin que le temps couvert après les chutes de neige de cette nuit va devenir tempétueux avec des vents de 80 kilomètres/heure en milieu de journée, il serait bon que nous arrivions au plus tôt au refuge !

Après une courte halte au chalet de Pré Essui (1.677 m), histoire de souffler et de grignoter quelques fruits secs et boire deux tasses de thé conservé brûlant dans le thermos, nous repartons mais les traces de nos prédécesseurs sont maintenant comblées par la neige et on n’y voit plus guère. Ma raquetteuse de cliente me relaie de temps à autre me permettant de m'économiser dans cette bataille.

Peu avant le chalet du Chatelard (1.787 m), je retrouve le tracé des pistes de ski de fond qui se laissent deviner après la chute de neige en cours.

Évidemment, il n’y a personne et les engins de damage ne sont pas venus faire un petit tour par ici. Alors, j’essaie d’avancer en restant sur le fond dur où la trace est plus aisée à faire, il faut sentir avec ses pieds car dès qu’on perd la trace, on s’enfonce profondément.

Plus haut, après avoir suivi un temps une vieille trace qui se laissait deviner, j’ai quitté la piste de ski de fond qui, d’ailleurs dans la tempête n’apparaît plus hormis de loin en loin quelques perches pour la baliser. Le vent commence à souffler en rafales, heureusement du sud-ouest, nous l’avons donc dans notre dos, c’est toujours ça mais la neige tombe maintenant en abondance et la visibilité est des plus réduite ! Un chalet se laisse deviner, est-ce le refuge ? Non, c’est le chalet de Beauregard (1.969 m) et le GPS confirme que nous avons encore 600 mètres à parcourir…

Enfin, après 3 heures 30 ( en temps normal, à skis il faut deux heures ), c’est le refuge, confortable et accueillant ! Combien ont été appréciés la tisane bien chaude et le poêle qui ronflera un peu plus tard dans la salle de séjour alors que, dehors, le vent tempétueux est maintenant à son maximum. Il ne s’arrêtera que dans la nuit …

Vendredi 14 février Le vent s’est bien calmé et au jour, si le ciel est bien couvert, la visibilité est assez correcte pour envisager une descente agréable d’autant qu’un ratrack a damé une piste assez large jusqu’au refuge.

Carte avec le parcours au refuge du Nant du Beurre - détails techniques - fichier GPS [clic]


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