• Christian B.

Sur la Via Francigena d'Ivrea à Vercelli

Mis à jour : avr. 20


J05 - Santhià ~ Dimanche 8 juin ~ 34 km

Départ 5 h 17 arrivée 12 h 57, temps ensoleillé, très chaud, 25° puis plus de 30° (ça c’est à l'ombre, mais au soleil ?), balisage absent pour les deux premières heures et pour quitter Albiano d'Ivrea, épisodique ensuite jusqu'à Azeglio, excellent dans la province de Vercelli. D+ 317 m, D- 342 m.


Hier soir, au sympathique Ostello du Canoa Club d'Ivrea, j'ai retrouvé les deux hollandais vus à deux reprises, ils doivent aimer la chaleur parce qu'ils arrivent chaque jour à l'étape vers 16 heures !

À la sortie d'Ivrée, la via Francigena fait un très large détour par le nord pour arriver à Bollengo - encore des âneries des baliseurs - aussi avais-je trouvé un raccourci qui m'aurait fait épargner 3 kilomètres, mais l'étape prévue était ramenée à... 12 kilomètres ! Grotesque pour un randonneur au long cours ! Certes, j'avais la possibilité de faire deux étapes en un jour et donc poursuivre jusqu'à Santhià, une très longue journée de 37 kilomètres !


À Pont Saint-Martin, la gentille hôtesse m'a donné une carte de la via Francigena, pour la section Morenico-Canavesana, couvrant le secteur de Pont Saint-Martin à Santhià, carte sur laquelle j'ai découvert un nouveau tracé - balisé par l'AIVF - qui rejoint Santhià par le sud du Lago Viverone, alors que le circuit classique passe par le nord - ce nouveau parcours étant succinctement décrit d'ailleurs par Pierre B, l'un de mes prédécesseurs, donc pas si nouveau que ça mais un rien plus court. Voici l'étape qu'il me faut !

J'ai donc quitté Ivrée peu après 5 heures alors que le jour commençait à poindre pour emprunter de toutes petites routes me faisant gagner la campagne. Pas de balisage pendant deux heures le long du Canale Cavour, pas de balisage encore lorsque j'arrive à Albiano d'Ivrea où, de plus, ma carte (au 1/100.000) ne correspond plus à rien! GPS d'une main, carte de l'autre, bon sens montagnard en bandoulière, je sors du village par une petite route annoncée sans issue, mais il y a une piste qui continue dans les bois, puis un sentier, je me suis demandé où j'allais atterrir.

Tiens, une flèche blanche, s'il y a une flèche, c'est qu'il y a une issue, plus loin une autre, puis une troisième avec, cette fois, le logo de la Francigena. Ouf ! Eh, bien mes amis, j'ai eu une chance insensée pour suivre le « bon » itinéraire, mais l'expérience du vieil alpiniste a dû aider !

Pause à Azeglio où je refais le plein d'eau, et puis changement radical de relief, je suis maintenant dans la grande plaine du Po et de ses affluents, évoluant à 200 mètres d'altitude, dans un paysage de collines. Il s'en suit un changement dans les cultures : beaucoup de maïs, de céréales, en revanche la vigne a disparu.

J'ai vraiment bien marché pendant cette étape, mais combien a été longue, très longue et pénible la dernière ligne droite de près de 3 kilomètres pour arriver à Santhià sous un soleil de plomb. Je n'en voyais plus la fin...

Una spina, grande ! Telle a été ma première phrase au Caffe della Piazza où on récupère la clé du petit Ostello où je fais étape. Ce soir, je suis seul dans ce petit gîte de 6 places de l'association des Amici della Francigena, mes hollandais ont dû suivre l'itinéraire classique et faire étape à Piverone.

Nota : sur le topo italien de la Francigena, cette variante est indiquée mais le ou les auteurs lui font emprunter la strada provinciale (départementale) quasiment d'un bout à l'autre ! N'ajoutons pas un commentaire, il serait désobligeant !


♦♦♦♦

J06 - Vercelli ~ Lundi 9 juin ~ 27 km Départ 5 h 20, arrivée 12 h 10, temps ensoleillé, 26° puis au-delà de 30° (et combien plus sous le soleil ?), balisage excellent, D+ 77 m D- 135 m.


Petit déjeuner avec les moyens du bord - il y avait un bar un peu plus loin qui avait ouvert sans doute à 5 heures, encore fallait il le savoir - je quitte la ville et il fait déjà chaud !

Hier, je vous ai raconté les paysages rencontrés, aujourd'hui ce sont des rizières jusqu'à n'en plus finir. Il faut aussi que je vous parle d'un autre élément du paysage qui s'appelle une « cascina ». Il s'agit d'un ensemble de bâtiments d'une exploitation agricole, datant de la fin du XIXème ou début du XX° siècle, époque où une main d'œuvre considérable était nécessaire pour faire fonctionner les exploitations. Donc de véritables hameaux, généralement organisés autour d'une vaste cour fermée par un grand portail et pouvant même comporter une église. Aujourd'hui, ce sont des ensembles sans vie, les terres sont bien évidement cultivées, mais les bâtiments restent désormais le plus souvent désertés.


Hier, c'était des myriades de moustiques, ce matin, j'ai rencontré une multitude d'oiseaux, des aigrettes, des hérons, des grues blanches et aussi des ibis...


Je suis arrivé à Vercelli, qui fut (vous vous en souvenez sûrement ?) la préfecture du département français de Sesia entre 1802 et 1814. Le gîte est au « Convento di Billemme » et comme tout couvent qui se respecte, il est fermé et il faut sonner. Une aimable personne vient m'ouvrir, me montre ma chambre et les diverses commodités puis procède à mon enregistrement et devient intarissable tant elle est ravie d'échanger avec un français qui parle sa propre langue.

J'ai même eu droit de sa part et d'une autre personne à des félicitations pour mon accent - tiens donc - et la qualité de mon italien. C'est gentil et sûrement un peu trop flatteur.

Un peu plus tard, elle m'offre un café, un vrai café italien avec la cafetière idoine. Elle me raconte qu'hier a fait étape ici une compatriote équipée d'un chariot. Ah! Ces pèlerins qui utilisent ces engins pour ne pas porter leur sac à dos, chose à laquelle les randonneurs ne s'amusent pas !

Ça n'a pas dû être triste sur les sentiers escarpés du Val d'Aoste et même pour l'étape de ce jour où le chemin passe par des levées de terre très étroites entre les rizières, des passages encore plus étroits sur de petits ponts... Le chariot ET le sac se retrouvent alors sur le dos du marcheur !

J'avais lu que ce convento était un havre pour les déshérités de la vie, handicapés physiques ou mentaux, il semble que ce ne soit plus le cas et que le convento soit devenu un simple ostello pour les marcheurs de la Francigena et un centre de récupération de vêtements et objets divers style Emmaüs si j'en juge par le capharnaüm qui règne dans les couloirs Dîner avec les moyens du bord car il n'y a rien aux alentours.

Conclusion

Je suis donc arrivé à Vercelli, ma semaine de randonnée sur la Francigena en Italie se termine, je pourrais poursuivre vers Pavia et Piacenza, mais la chaleur est vraiment forte et même en partant dès l'aube, elle vous use plus que les kilomètres, alors comme initialement envisagé, je vais prendre le train pour rentrer à casa mia.

Copieuse prima colazione servie par Angela, toujours aussi bavarde. Ciao Angela, forse a fine settembre o un'altro anno !

Pour conclure, belle randonnée, avec de superbes paysages dans le Val d'Aoste; j'ai particulièrement aimé l'étape entre Châtillon et Verrès, la sauvagerie des gorges de la Doire avant Montjovet, le très beau sentier des vignobles, en balcon, qui fait suite jusqu'à Berriaz. Et puis toujours, la chaleur des échanges avec nos cousins italiens... Credo che sono un puo italiano !


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Carte avec le parcours d'Aoste à Vercelli - détails techniques - fichier GPS [clic]

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