• Christian B.

Ilulissat entre deux vols

Mis à jour : avr. 21


Après une nuit passée à Copenhague, j'ai avalé un énorme petit déjeuner avant de quitter mon hôtel car la journée était prévue très longue et mon prochain vrai repas pas avant minuit heure française. Le bel oiseau rouge d'Air Greenland a décollé à l'heure en direction du Kalaalit Nunaat (le Groenland en langage local). Beaux aperçus sur les fjords de Stavanger en Norvège et puis vol au-dessus de la mer de Norvège recouverte par la couche nuageuse.

Alors que la visibilité est revenue, arrivée spectaculaire à l'aéroport de Kangerlussuaq, l'avion survole l'inlandsis (2.500 mètres d'altitude) à moins de 100 mètres de hauteur pendant de longues minutes, puis s'enfile dans une gorge à quelques dizaines de mètres au-dessus du sol et autant sinon moins de chaque côté des bouts d'ailes. Incroyable !

Atterrissage 9 heures 30 locales. Nous quittons les lieux à 10 heures 20, atterrissons à Aasiat à 11 heures 10, arrêt de dix minutes pour repartir vers Ilulissat où nous nous posons à 11 heures 45. La mer de nuages qui recouvrait tout le secteur s'est dégagée peu avant d'atterrir laissant apercevoir des centaines d'icebergs dans la baie de Disko. Vue somptueuse !

Le décollage pour Upernavik est retardé et reporté à plusieurs reprises et finalement l'avion décolle sans moi peu avant 17 heures pour une raison que j'ai mis du temps à comprendre. À Upernavik, en raison des retards accumulés, j'aurai manqué la connexion et il n'y avait pas d'autres vols pour Qaanaaq avant plusieurs jours.

Conséquence heureuse, Air Greenland m'héberge dans le meilleur hôtel du coin et mon vol, qui demain sera direct pour Qaanaaq partant peu avant 15 heures, je vais pouvoir passer la matinée à visiter la petite ville, la plus touristique du Groenland. Il faut dire que sa situation en plein cœur de la baie de Disko et juste à l'embouchure d'un fjord, véritable autoroute à icebergs, n'y est pas pour rien, nous sommes à l'évidence dans l'une des plus belles baies du pays.

Mon hôtel, l'hôtel Artic, est perché sur les hauteurs de la ville, dominant le petit port, dans un silence que seul le fracas des icebergs vient troubler.

Quel spectacle sur la baie avec ces centaines de blocs tabulaires et ces milliers de growlers dérivant au gré du vent, des courants et des marées...

La région a été visitée depuis 4.000 ans par les hommes de la civilisation du Sermermiut (un peuple nomade) s'y rendant pour y établir des campements d'été où ils pratiquaient la chasse et la pêche. Une première colonie a été créée en 1734 par des danois dans la partie sud de la baie de Disko et un comptoir établi en 1736 dans la partie nord. La petite colonie prit son essor à partir de 1848. Aujourd'hui, c'est une cité de 4.500 habitants dont la vie économique s'appuie sur une conserverie de crevettes et de poissons et sur le tourisme.

Pendant la nuit, le vent a soufflé du nord et des centaines de growlers sont venus s'entasser devant la petite ville et son port en rendant l'accès difficile à des bateaux de diverses tailles. Il fallait voir les bateaux de pêche se faufiler dans cet amas de glaces dérivantes.

Après un solide breakfast, je suis donc parti, chaudement vêtu (la température étant de 7°) pour une balade en ville sous le soleil revenu pendant plus de deux heures, allant à gauche et à droite histoire de découvrir cette petite ville et occuper ma matinée et puis j'ai rejoint tranquillement à pied l'aéroport un peu après midi.

Mon vol annoncé à 14 heures 40 a été reporté à 16 heures 10. J'ai demandé des nouvelles de mon sac de voyage, on m'indique d'abord qu'il arrivera à 15 heures et un peu plus tard qu'on ne sait plus où il se trouve, on l'a perdu ! À 16 heures, on nous annonce que le vol est reporté ultérieurement en raison d'un problème technique.

C'est à ce moment que j'ai trouvé six autres membres de l'expédition, arrivés un peu plus tôt. On se retrouve donc sept copains à devoir encore patienter. Tous les passagers du vol sont dirigés vers l'hôtel Hvide Falk. Si la plaisanterie se poursuit quelques jours encore et que je continue à faire le tour des hôtels, je vais pouvoir éditer un guide !

Nouvelle soirée à Ilulissat, demain sera un autre jour. À minuit, téléphone de la réception, mon sac est arrivé et je le récupère.

Après le petit déjeuner, annonce est faite que notre vol pour Qaanaaq qui devait décoller à 14 heures est reporté à 15 heures 50. Ilulissat est une jolie petite cité, mais il serait temps qu'on rejoigne notre bateau !

Nous avons fini par y arriver ! À 17 heures 15, nous avons décollé pour poursuivre notre voyage vers le nord au-dessus d'une mer de nuages laissant entrevoir de temps à autre quelques glaciers vêlant dans la mer où se baladaient icebergs et bergi-bits en quantité.

Après une dernière escale non programmée à Upernavik et où nous sommes restés bloqués deux heures en raison de la météo, nous avons enfin atterri sur la piste en terre de Qaanaaq, petit village au bout du monde avec 52 heures de retard.

Ce qui fait le charme des voyages, ce sont les imprévus. J'en connais que la situation aurait stressé, pour ma part avec presque 450 vols, j'ai appris à rester zen dans les situations imprévues et ça m'amuse presque tant est si bien que j'en fais un article !

Écrit à Quaanaaq, (N69.22651 - W051.09244), le vendredi 8 août

Carte avec le parcours à Illulissat- détails techniques - fichier GPS [clic]


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