• Christian B.

L'Alta Via delle Dolomiti N°1 ~ Du Rifugio Lagazuòi au Rifugio Città di Fiume

Mis à jour : avr. 21


Après avoir traversé les Dolomiti di Braies, nous sommes dans les Dolomiti Ampezzane et poursuivant sur l'Alta Via N° 1, nous allons rejoindre le somptueux Pelmo, deux étapes dans des paysages plus amples, empruntant souvent des pentes où le vert des forêts de mélèzes ou des alpages le dispute aux parois jaunes ou ocre des sommets dispersés ici ou là. Ce sera l'occasion d'admirer avec du recul les grandes parois de la face sud de la Tofana di Rozes, de l'Averau et, au fur et mesure de notre randonnée, de la face nord du Pelmo ou des souriantes Cinque Torri.


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J04 – Samedi 13 septembre ~ Rifugio Lagazuòi → Rifugio Nuvolàu

Départ 8 h, arrivée 11 h 47, 8,5 km, D+ 652 m, D- 807 m, itinéraire bien balisé hormis entre la Forcella Averàu et le Rifugio Nuvolàu. Difficulté T2. Le mauvais temps s'évacue progressivement à partir de 12 h 30, mais le ciel est resté cependant un peu menaçant.

La petite couche de neige de quelques centimètres et le vent du nord qui n'a pas faibli apportent une ambiance hivernale tout à fait inattendue alors que des plaques de glace qui brillent sous un soleil timide, font un peu appréhender cette descente raide jusqu'au col Lagazuòi mais les lacets que l’on suit prudemment y conduisent sans encombre.

Nous prenons alors le sentier « 401 » tout d'abord à flanc de montagne pour rejoindre la Forcella Travenànzes (2.507 m) alors que se devinent par moments les impressionnantes parois de la Tofana di Rozes. Lorsque nous laissons ce sentier pour emprunter le sentier « 402 », la neige a quasiment disparu mais il faut rester être attentif à la glace bien transparente qui s'est formée dans les endroits exposés au vent.

Précédée d’un sentier balcon au pied de la paroi sud du Pizo Lagazuòi, c’est une descente en lacets dans la pierraille qui permet de rejoindre la route SS48, un peu en-dessous du Passo Fàlzarego (2.105 m).

Dans la forêt, en ce fond de vallée, le chemin se fait bien fangeux ; lui fait suite le chemin « 440 » longeant de petites barres rocheuses. À mi-montée, sur un replat, on se retrouve, presqu'au pied des superbes Cinque Torri (2.361 m), au niveau de la gare d’arrivée du télésiège d’où descendent promeneurs et vététistes.

Ensuite le sentier « 441 » et une piste caillouteuse conduisent au pied d’une sorte de « table rocheuse », caractéristique des reliefs dolomitiques à la Forcella Averàu (2.435 m) où se trouvent le refuge éponyme et la gare d'arrivée d'un télésiège. Une sorte de grand « escalier » dans la roche, assez confortable, mène par le sentier « 439 » au sommet du Nuvolau par une grimpée assez raide puis quasiment horizontale où a été bâti le Rifugio Nuvolàu (2.575 m).


C’est un joli refuge du Club Alpino Italiano « à l'ancienne » avec toilettes et robinet d'eau glacée à l'extérieur (les toilettes à l'intérieur sont réservées pour un usage nocturne) : ce sera le seul refuge sans douche de cette randonnée. Une charmante dame en tenue traditionnelle nous accueille chaleureusement et nous propose un repas délicieux alors que la neige de la veille, fond, tombe du toit et transforme l'entrée en pédiluve... De ce promontoire, l'œil se régale avec une vue à 360° sur les sommets encore plâtrés de neige.


L'averse de l'après-midi sera au rendez-vous mais le soir, nous avons bénéficié d'éclairages somptueux sur les sommets que mes complices essayent de reconnaître à l'aide de la carte : les Fanes au nord-ouest d’où nous venons, la Tofana di Rozes au nord, le Sorapiss dans le nord-est, le Pelmo au sud-est sous lequel nous ferons étape demain, la Civetta au sud et la reine des Dolomites, la Marmolada dans le sud-ouest …

Un chat tigré, très familier, fait également partie du décor : profitant d'un trou dans le parapet en pierres de la terrasse qui domine une falaise verticale de 300 mètres, il s'y faufile pour observer, l'air gourmand, les chocards qui planent en dessous.

J05 – Dimanche 14 septembre ~ Rifugio Nuvolàu – Refuge Città Di Fiume

Départ 7 h 47, arrivée 14 h, 15 km, D+ 502 m, D- 1156 m, itinéraire assez bien balisé. Difficulté T2. Le mauvais temps continue de s'évacuer à partir de 9 h 30 et nous ferons la majeure partie de l'étape sous un soleil généreux.

Le ciel prometteur nous incite à l'optimisme. Plutôt que d'emprunter la via ferrata qui remplace un ancien parcours fait d’une série d’échelles et de mains-courantes pour rejoindre le Passo Giàu et qui aurait nécessité de trimbaler durant dix jours le matériel idoine imposé par cette courte descente, nous reprenons le cheminement suivi la veille pour revenir à la Forcella Averàu et poursuivre sur l'autre versant par le sentier « 452 » repassant au ras des falaises sous le refuge Nuvolàu... en espérant qu’un étourdi - 300 mètres plus haut - ne va pas laisser tomber une boite de bière depuis la terrasse du refuge.

Sur le sentier-balcon, le soleil perce à peine la couche de brume qui s'est installée depuis une bonne heure : deux silhouettes de « bêtes à corne » se dessinent sur la crête proche de nous. Leur allure générale, à peine entrevue, nous fait penser à des chamois, les traces caractéristiques dans les parties boueuses du chemin le confirmeront.

Les marmottes dont l'embonpoint automnal alourdit la silhouette se laissent observer : ce sont pour elles les derniers jours pour se faire « du lard ». Nous leur souhaitons un bon hiver.

Une courte descente nous conduit au Passo Giau (2.236 m), col routier où cyclistes et motards semblent s'être donné rendez-vous en ce dimanche ensoleillé. Nous traversons la route pour prendre le sentier « 436 », qui mène horizontalement à la Forcella di Zonia (2.233 m) puis à la Forcella di Col Piombin (2.239 m). Après un passage rocheux délicat, le sentier parvient au pied de la raide pente de la Forcella Giau (2.360 m), laquelle présente un court passage rocheux ; la montée se fait ensuite encore plus raide dans des schistes et des blocs de rochers.

Deux arolles accueillent un trio de casse-noix qui semblent jouer avec quelques chocards.

De la Forcella, alors qu’au-dessus de nos têtes des cordées sont en train de grimper sur les parois verticales du Spiz de Mondeval (2.099 m), une longue traversée horizontale dans des prairies herbeuses amène à la Forcella Ambrizzolà (2.277 m), puis dans une pente de cailloux, sous le Becco di Mezodi, à la Forcella Col Duro (2.29 5m) où nous cheminons avec des vététistes obligés de porter leur vélo dans les nombreuses parties rocailleuses, voire trop raides…

Dès la descente de ce dernier col, c'est le début de notre équipée boueuse ! Moutons et vaches ont dû quitter l'alpage depuis peu, le chemin est une succession de passages glissants, dans une fange souvent inévitable.

Il faut passer à la Forcella de Col Roàn (2.075 m), suivie de la Forcella Roàn (1.999 m) et enfin de la Forcella della Puina (2.034 m), un long parcours de crêtes où quelques génisses profitent encore de la bonne herbe des alpages.

Nous arrivons enfin dans celui où se dresse notre refuge, des génisses nous y attendent, massées sur un petit promontoire alors que, levant les yeux, nous sommes écrasés par la masse du Pelmo (3.158 m) et par ses parois verticales qui recèlent des voies d’escalade très difficile.

Le soleil revenu a permis de faire sécher nos chaussures, afin d'en ôter un peu la boue. Le Rifugio Città di Fiume (1.918 m), où l’accueil a été sympathique, est ouvert en hiver et dans les présentoirs on trouve des dépliants qui présentent d'une belle façon des conseils de comportement et de prudence dans nos pratiques hivernales en montagne.

Carte avec le parcours du rifugio Lanazuoi au rifugio Nuvolau - détails techniques - fichier GPS [clic]

Carte avec le parcours du rifugio Nuvolau au rifigio Citta di Fiume - détails techniques - fichier GPS [clic]


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