• Christian B.

Rørøs, cité minière

Mis à jour : nov. 2


Il y a deux ans, à l’occasion de ma Nième visite dans les pays nordiques, j’avais eu l’occasion de passer par Rørøs, petite cité dans le comté de Sør-Trøndelag à 150 kilomètres au sud-est de Trondheim. Je m’étais promis d’écrire un article pour vous faire découvrir ce joyau inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 1980.

Cette petite ville de 5.600 habitants se trouve à 600 et quelques mètres d’altitude, dans le haut cours de la Glomma, plus longue rivière de Norvège, que l’on remonte en venant de Trondheim.

Rørøs a été fondée en 1644 pour exploiter des mines de cuivre (la mine a été en exploitation jusqu’en 1977). À l’époque de sa gloire, c’était l’un des centres industriels les plus importants d’Europe du Nord.

Aujourd’hui, c’est un ensemble unique de maisons en bois, traditionnelles de l’époque.

Son église a été construite entre 1780 et 1784 par la compagnie du cuivre qui en a ensuite payé les charges. On note sur le clocher l'emblème de la toute puissante compagnie minière. Avec ses 1.600 places, c’est l’une des plus grandes églises de Norvège.

Un côté était réservé aux hommes, l’autre aux femmes, les plus riches se mettant devant, les pauvres étant relégués à l’arrière. Les plus démunis de la cité devaient s'installer dans les balcons latéraux au fond desquels prenaient place les criminels et les prostituées. Les places des plus riches étaient … vendues aux enchères une fois l’an et celui qui offrait le plus obtenait la meilleure place, celle où on peut être vu et admiré de tous !

Au fond de l’église se place le balcon royal ; de chaque côté, prenaient place les membres de la direction de la mine.

Anecdote amusante : il était de tradition de placer dans l’église un tableau de chaque directeur de la mine, mais l’un de ces tableaux se situe derrière l’autel pour que personne ne puisse le voir pendant les cérémonies, l'un des directeurs, le sieur Johannes Irgens et sa femme avaient si mauvaise réputation auprès du peuple que lorsqu’on voulut apposer le tableau, le peuple refusa d’aller à l’église … Un compromis fut trouvé !

La cité possède deux musées fort intéressants, l’Olavsgruva (la mine d’Olav) - que je ne suis pas allé visiter à tort peut-être mais j'avais visité une autre mine de cuivre, celle de Falun en Suède - et le Smelthyttta (la fonderie). Le Smelthytta a été installé dans l'ancienne fonderie - le bâtiment a en fait été reconstruit à l'identique - et une large part a un but didactique expliquant l'environnement naturel du site et la production de minerai (lingots de cuivre).

Dans la partie basse, d'étonnantes maquettes animées illustrent les anciennes techniques de pompage, d'extraction et de transport. On peut y découvrir en miniature des systèmes hydrauliques, des hauts fourneaux et des mineurs avec leurs petits chevaux.

La balade à faire ici consiste à aller à la découverte du quartier des mineurs.

Au pied de la colline, les grandes maisons de la Bergmansgata, éloignées de la fonderie, étaient réservées aux divers cadres de la mine, celle tout en bas de la rue et perpendiculaire à elle, était réservée au « patron » qui avait ainsi vue sur tout le monde !

De l'autre côté du torrent, le Hyttelva, au pied du crassier, se trouve un groupe de maisons misérables aux toits couverts de terre et de gazon, occupées vers 1850 par de petits artisans, charpentiers, cordonniers attirés à Rørøs par la perspective de gagner quelques couronnes !

Une visite combien intéressante …


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