• Christian B.

Sur le Camino Francés #2 De León à Carrión de los Condes

Mis à jour : avr. 21


En ce Vendredi Saint, la lumière a été faite à 6 heures 30 et le desayuno servi à 7 heures par les mêmes bénévoles qui nous ont accueillis la veille, une demi-heure plus tard j'étais dehors.

J'ai traversé rapidement la cité encore endormie alors que le jour se levait et qu'il faisait plutôt frisquet dans la longue montée côté est de la ville. C'était donc Viernes Santo et tout est fermé aussi ai-je en objectif d'atteindre à Reliego del Camino à 22 kilomètres un gîte privé qui fait aussi bar-restaurant sinon je risquerais fort de jeûner ce soir ...

J'ai croisé ensuite 40 ou 50 pèlerins sur la piste de terre, laquelle serait très monotone si n'était offert le superbe spectacle des Picos de Europa enneigés à une trentaine de kilomètres au nord !

Samedi, après deux heures et demie de marche sur une piste parallèle à une route quasi rectiligne sur douze kilomètres, je suis arrivé à El Burgo Ranero, un petit hameau sur le parcours où la seule activité économique est celle générée par ce Chemin de Compostelle - il doit y avoir deux bars et une épicerie et c'est tout - et selon mes habitudes dans mes balades espagnoles j'entre dans l'un des bars pour avaler un second desayuno lequel sera copieux et d'autant plus apprécié que le matin, le bar dans lequel était installé l'albergue où j'ai passé la nuit, n'ouvrant pas avant 9 heures, j'avais dû me faire une tasse de café avec deux seules tartines de confiture pour viatique.


Grosse ambiance ici, le patron a été hospitalero à l'albergue de Monte Irago de Foncebadón, il sait de quoi je parle avec les deux petites dames espagnoles qui se restaurent avant de continuer leur chemin.

Un peu après, c'est un couple d'italiens venant de l’île d'Elbe avec qui j'ai eu plaisir à échanger dans la langue de Dante quoi que un mois d'espagnol laisse quelques traces me faisant glisser des mots d'espagnol dans la conversation !

Entrent alors plusieurs personnes du village et, le bras tendu, index pointé vers l'un d'eux, je m'exclame Ci siamo visti quatro anni fa a Fuenterroble de Salvatierra - nous nous sommes vus il y a quatre ans à Fuenterroble de Salvatierra ! C'était Vincenzo dont la photo servant des pâtes illustre mon article sur la Sierra de Gredos. Embrassades, tapes dans la main, tapes dans le dos. Comme je lui disais que sa photo illustrait un article de mon Blog, il m'a fallu sortir la tablette, montrer la dite photo non seulement à lui mais aussi à toutes les personnes présentes, il a fallu aussi que je lui donne le lien de mon Blog pour qu'il puisse revoir SA photo ! Nouvelles embrassades, nouvelles tapes dans le dos, photo de Vincenzo seul, photo des présents tous ensemble.


Mais il n'est de bonne compagnie qui ne se quitte, Vincenzo est hospitalero dans l'albergue de ce petit village et moi, j'ai repris mon sac pour continuer mon chemin, ravi de cette invraisemblable rencontre avec le même italien, dans deux coins d'Espagne à quatre années d'intervalle !

J'ai fini par arriver à l’albergue parrochial de Bercianos del Camino, une vieille demeure de caractère dans ce petit hameau probablement très pauvre à en juger l'apparence des habitations. En soirée, j'étais à table à côté de deux jeunes irlandaises et deux compatriotes de Rodez...

Le lendemain, desayuno très copieux servi à 7 heures ; à 7 heures 15 j'étais dehors. Beau temps, pas de nuage, un chemin un peu monotone le long d’une route départementale jusqu’à Sahagún, petite ville où la connaissance du secteur - mon troisième passage ici - me fait couper en traversant même les voies du train derrière la gare, évitant ainsi de faire le tour des albergues et des monuments de la ville comme l’invite le balisage.

Deux kilomètres après avoir quitté Sahagún, je fais halte pour grignoter dans un cadre superbe, celui de l'Ermita de la Virgen del Puente, une adorable petite ermitage du 12° siècle.

Ensuite c'est la Meseta dans la splendeur de sa monotonie ! La Meseta, c'est une plaine à 8 / 900 mètres d'altitude avec quelques ondulations, grenier à céréales de l'Espagne, et il faut une bonne semaine pour la traverser. Ce pourrait être fastidieux, mais je croise en permanence des pèlerins vers Compostelle, des espagnols essentiellement - ce sont les vacances scolaires actuellement par ici - également quelques allemands, deux ou trois fois des anglaises et même à deux reprises des francophones.


Je « drague » les jolies espagnoles lorsqu'elles marchent à deux ou trois : en arrivant vers elles, je leur fais NON avec un doigt ce qui les intrigue, puis je leur dis que Santiago es por aqui en leur désignant le sens opposé à leur marche et qu'il leur faut venir conmigo (avec moi) en les prenant par le bras ! D'abord elles sont surprises et certifient qu'elles vont bien dans le bon sens, que je me trompe puis elles comprennent et éclatent de rire, on cause quelques instants, je leur explique pourquoi je marche en sens opposé, que j'arrive de Séville, puis chacun continue son chemin...

À Legidos, le gîte qui n'était pourtant pas un lieu d'étape référencé dans les topo-guides, s'est rempli tranquillement et comme en 2011 au même endroit, j'ai pris une petite chambre et seul, j'étais tranquille.

Aujourd'hui, rien ne change, c'est un chemin de terre le long de la route nationale, suivi après d'une petite grimpée vers la traversée d’un plateau à 850 mètres d’altitude par une large piste empierrée, plate comme la paume de la main et d’une rectitude quasi parfaite sur douze kilomètres, d’une monotonie affligeante. À l'évidence, celui qui a tracé le chemin dans ce coin, il y a quelques siècles, devait avoir des états d'âme ou bien était pressé d'en terminer... Eh oui, c’est toujours la Meseta ! Je me souviens l’avoir parcourue dans l’autre sens au printemps 2008, sous la pluie avec une visibilité de 200 mètres maximum !


Je suis arrivé un peu avant 13 heures à l'albergue Espiritu Santo dans le monastère des Hijas de la Caritad de San Vicente, accueil toujours aussi cordial par les sœurs avec ce troisième passage chez elles.

Burgos est en vue, disons peut-être dans trois jours encore que ... je crains de mettre un terme rapidement à ma balade espagnole, l'anticyclone centré sur la péninsule ibérique et qui nous offre avec le soleil un vent de nord-est glacial obligeant à conserver le coupe-vent toute la matinée et les gants en polaire, l'anticyclone donc semble avoir quelques velléités de vouloir se déplacer. La Meseta, c'est une triste monotonie répétée pendant des jours et des jours, mais sous la pluie... ! Je connais, en 2008, je l'avais traversée au mois de mai, un mois de mai qui s'était révélé être le plus humide des cinquante dernières années en Castilla y León. Alors, NON ! Si Phœbus et consorts décident d'aller voyager, autant rentrer.

Carte avec le parcours León→Reliegos - détails techniques - fichier GPS [clic]

Carte avec le parcours Reliegos→Bercianos del Real Camino - détails techniques - fichier GPS [clic]

Carte avec le parcours Bercianos del Real Camino→Sahagún→Ledigos - détails techniques - fichier GPS [clic]

Carte avec le parcours Ledigos→Carrión de los Condes - détails techniques - fichier GPS [clic]


→ Cliquer sur les photos pour les voir en grand format, celles encadrées en rouge sont de mon parcours en 2008, celles encadrées en jaune de ce printemps.



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