• Christian B.

Au Finnmark

Mis à jour : avr. 21


La Norvège s’étend juste au nord de la Finlande prenant la forme d’une crosse de hockey à l’envers, manche en bas. Depuis Kaamanen à 25 kilomètres au nord d’Inari, trois voies d’accès permettent de rejoindre le Finnmark en Norvège : à l’ouest via Karigasniemi, l’itinéraire le plus commun pour rejoindre le Cap Nord ; au nord vers Utsjoki et à l’est vers Sevettijärvi pour rejoindre Kirkenes.

Ma passagère aurait souhaité que nous prenions l’itinéraire d’Utsjoki pour revenir ensuite vers le sud-ouest en longeant l’impétueux fleuve Tonio et gagner de cette manière Karigasniemi, mais je n’allais pas lui passer son caprice qui nous faisait faire un détour de ... 130 kilomètres ! Nous avons donc pris la route directe vers la petite ville frontière, une route droite faite de montagnes russes impressionnantes. Dans l’hexagone, on aurait raboté le sommet de ces butes, mais ici on sait faire des économies.

Nous voici donc arrivés au Finnmark. Désertique, infesté de moustiques en été, le Finnmark est la province la plus septentrionale du pays. Paysages fascinants où paissent des troupeaux de rennes en semi-liberté, végétation rare mais vivace, faits de vents violents et de pluies soudaines.

Nous sommes bien au pays des Sames. Plus vaste que la Belgique, la région, qui ne compte guère plus de 70.000 habitants, a été rasée par les allemands lors de leur retraite en 1944 ce qui explique encore aujourd’hui la mine peu avenante et bétonnée des villes et villages du secteur. Ici, les panneaux dans certaines communes sont en trois langues (et même parfois quatre avec le russe) : le norvégien, le sami et le finnois. Pendant 400 kilomètres la E6, l’unique route qui relie Kirkenes à Oslo, longe de superbes fjords, la végétation se raréfie, les arbres se cantonnent en basse altitude ; au-dessus de 300 mètres, la rocaille prend le dessus.

S’il est plus rude, le paysage est néanmoins d’une grande beauté…

Passés la frontière nous aurions pu (dû ?) faire halte à Karasjok. Cette petite ville de moins de 3.000 habitants regroupe les principales institutions sami, le parlement, un centre d’art et un musée.

Mais dans la préparation de mon voyage, j’ai manqué de relever ces informations et nous avons poursuivi vers Lakselv, un peu moins d’une centaine de kilomètres plus au nord.

Située au fond du Porsangerfjord, le quatrième plus grand fjord de Norvège, la ville n’a aucun attrait, c’est un simple pôle administratif et commercial et, survivant de la guerre froide, l'aéroport est utilisé par les forces aériennes royales norvégiennes, ainsi que par des troupes de divers pays de l’OTAN.

L’étape du soir, se fera 36 kilomètres plus loin, à Trollholmsund à l'écart de la E6, un joli bivouac au bord du Porsangerfjord.

En partant de la bourgade, au bout d’un sentier balisé longeant le fjord, nous sommes allés voir de curieuses formes géologiques en dolomie blanche que les locaux prennent pour des trolls.

Selon la légende, ces derniers auraient été figés en pierre pour n’être pas retournés dans leurs tanières avant le lever du soleil.

Soirée avec de superbes éclairages.


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