• Christian B.

Leur dernier exploit ...

Mis à jour : avr. 22


Ils sont complètement givrés ces deux là, qu'est-ce qu'ils croient ces champions ? Que la neige qu'ils avaient trouvée lorsqu'ils sont venus par ici il y a huit jours pour gravir l'Ouille du Grand Fond (2.947 m) les aurait attendu ? Certes les conditions étaient bonnes et ils éprouvaient le désir d'y revenir pour une dernière balade en ski de randonnée profitant d'une journée de très beau temps pour aller à l'Ouille Noire (3.357 m), au sud-est du col de l'Iseran. Leur manque d'imagination fait peine à constater, ils n'ont pas pensé un instant qu'en une semaine la neige pouvait fondre de plus d'un mètre en épaisseur sur un terrain plat et plus encore dans les pentes !


Ah ! Sans quitter leur véhicule, ils ont compris qu'il leur fallait trouver un autre objectif à leur niveau où ils pourraient exprimer leur talent qu'ils croient être bien supérieur à celui de leurs congénères et c'est l'Ouille des Trétêtes (2.948 m) qu'ils se fixent pour nouveau but de leur journée.

Laissant place par endroits au torrent, la neige est dure et même gelée dans la petite combe des Illards qu'ils avaient remontés sereinement la semaine passée.

Mais ils se croient forts nos champions, Edilio veste rouge devant, Christian veste noire derrière.


Après avoir équipé leurs skis de couteaux à neige ils progressent rapidement.. C'est raide, ils souffrent...


Tiens, la veste noire est maintenant devant et la veste rouge a un peu de mal à suivre. Les années ont passé, ils ne sont plus aussi fringants qu'il y a quinze ou vingt ans bien qu'ils veulent croire le contraire.

Pourtant ils avancent et un peu moins d'une heure et demie plus tard ils atteignent le sommet.


Au printemps, et à plus forte raison lorsque celui-ci est terminé, il importe de bien choisir l'heure pour entamer la descente : trop tôt la neige est encore gelée et le ski est peu agréable, trop tard la neige est transformée en soupe et ce n'est pas mieux, tout l'art consiste à choisir le « bon » moment.



Nos champions le savent et les trois-quarts d'heure qu'ils passent au sommet à attendre ce « bon » moment ne les déçoit pas, ils peuvent contempler en attendant le superbe paysage qui les entoure ou admirer les petites fleurs qui ont trouvé moyen de pousser ici à presque 3.000 mètres.


La vieille expérience des deux complices leur ayant permis - comme presque à chaque fois - de trouver le moment propice, leur descente est fort agréable sur une neige à peine dégelée, où ils enchaînent des courbes qu'ils pensent parfaites. Se croiraient-ils les champions de la discipline ?

Plus bas, la neige est moins bonne mais nos artistes n'hésitent pas à enchaîner virage sur virage.

Ah ! Les voilà qui arrivent dans la combe où le torrent occupe trop de place pour leurs élégantes arabesques, puisqu'ils se croient très malins, vont-ils forcer le passage au risque de se retrouver baignant dans l'eau glacée ? Non, leur prudence légendaire à moins que ce ne soit leur ange gardien les pousse à déchausser les skis pour emprunter un bon sentier qui serpente dans de raides pentes d'herbe.

Les voilà arrivés à leur voiture, croyaient-ils que les spectateurs allaient les applaudir, leur demander des autographes ? C'est raté, il n'y a personne pour admirer leur exploit hormis deux ou trois cyclistes qui remontent le col de l'Iseran sans même leur jeter un regard !

Finalement, ils ne s'en sont pas trop mal sortis ces vieillards, il y a encore quelques jeunots qui aimeraient pouvoir les imiter...

Carte avec le parcours - détails techniques - fichier GPS [clic]


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