• Christian B.

L'Alta Via delle Dolomiti N°1 ~ Du Rifugio Vazzoler à Agordo

Mis à jour : nov. 2


Beaucoup de randonneurs terminent leur parcours de l'Alta Via N°1 au Rifugio Vazzoler, regagnant la vallée jusqu'à Listolade par une longue piste empierrée, c'est ce qu'ont fait hier nos randonneurs parisiens. Mais je tenais - je ne saurais vraiment dire pour quelle raison - poursuivre au moins jusqu'au Rifugio Bruto Carestiato, histoire peut-être de continuer le tour du massif de la Civetta.

Au-delà du Rifugio Carestiato, l'Alta Via N°1 continue jusqu'à Belluno, mais le sud de ces Dolomites amène dans les Dolomiti Bellunese dont le sommet principal, le Monte Schiara (2.565 m), impose pour rejoindre la vallée, d'emprunter une via ferrata nécessitant de porter durant une dizaine de jours le matériel technique ad-hoc.

Nous ferons la majeure partie de ces deux dernières étapes dans le brouillard ce qui laissera un souvenir un peu amère aux photographes ; certes il n'a pas plu mais essayez de prendre des photos lorsque la vue se limite à quelques centaines de mètres hormis, de temps à autre, une éclaircie !


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J08 – Mercredi 17 septembre ~ Rifugio Vazzolèr → Rifugio Bruto Carestiato

Départ 7 h 58, arrivée 12 h 23, 9,4 km, D+ 679 m, D- 560 m, itinéraire correctement balisé. Difficulté T2/T3.


Ce matin la brume matinale paraît encore plus humide, les arbres s'égouttent sur nos têtes... Elle consentira à se lever de temps à autre dans la matinée, dévoilant brièvement les grandes parois de la Cima della Busazza (2.894 m), de la fantastique Torre Trieste (2.458 m) où, là aussi, j'avais été poser mes pieds dans une autre voie Tissi.

Après une courte section de piste descendante et caillouteuse, nous remontons le raide sentier « 555 » qui serpente dans une forêt mixte bénéficiant encore d'une flore très variée.

Sortant du bois (comme le loup!), sous les parois de la Moiazza et ses satellites, nous arrivons au-dessus d'un grand couloir d'avalanche « orné » d'un névé. De nombreux randonneurs sont passés les jours précédents, les traces y sont relativement confortables, il suffit de les suivre pour traverser.

Nous remontons sur la rive gauche du couloir par un sentier tantôt pierreux, tantôt sablonneux, parfois encombrés par les racines « tarabiscotées » des arbustes dont la croissance demande certainement une grande obstination...

À nouveau, nous avons le plaisir de progresser au milieu d'une flore abondante où dominent les ancolies, belles occasions de s'exercer à des photos en « macro ».

Arrivés au col d’Ors (1.700 m), nous poursuivons sur le sentier horizontal sous les Torri di Camp, traversant de nombreux couloirs. Le sentier « 554 » est bien visible, balisé et cairné. Il nous amène à la Forcella del Camp (1.993 m), bien soulagés de ne pas avoir à redescendre dans le fond du vallon, comme nous le laissait craindre la vue que nous avions depuis quelques minutes. On atteint en effet la Forcella del Camp en tournant vers l’est, abandonnant sur la droite le cheminement bien visible de loin, menant au fond de la gorge et aux bergeries de la Casera del Camp.

Nous observons une trentaine de passereaux, ils sont à contre-jour et il est difficile de les identifier mais il s'agit sans doute d'un premier rassemblement avant la migration, la brume les empêchant de se repérer pour passer le col.

Juste en dessous du col, un petit oratoire avec quelques « grigris », quelques affichettes dont l'une annonce qu'une messe qui sera célébrée ici même fin septembre... Le terrain très glissant demande beaucoup d'attention pour sortir du bosquet et retrouver un sentier mieux drainé alors que le soleil fait quelques timides apparitions. Nous laissons sur notre gauche le sentier qui conduit à la ferrata Constantini. Le Rifugio Bruto Carestiato sur son promontoire paraît tout proche ... mais il faudra encore parcourir un bon kilomètre de sentier boueux agrémenté de racines « piégeuses » avant d'arriver au refuge sous un ciel de plus en plus menaçant alors qu'un couple de grimpeurs s'escrime dans une falaise proche.

Sans coup férir, l'averse quotidienne sera au rendez-vous à 15 heures. Le poêle ronfle déjà, bien alimenté par nos hôtes, jeune équipe accueillante ; la douce chaleur se diffuse dans l'ensemble du bâtiment et réconforte... Les capes de pluie vont-elles rester encore tapies au fond du sac pour la dernière journée de notre itinérance ?

J09 – Jeudi 18 septembre ~ Refuge Carestiato – Agordo Départ 7 h 58, arrivée 12 h 23, 9,4 km, D+ 60 m, D- 1220 m, itinéraire bien balisé. Difficulté T2/T3. Ce n'est pas le mauvais temps, mais ça y ressemble avec toutefois quelques éclaircies...


La descente commence sur l’étroit sentier « 448 » bien raide pour nos genoux encore engourdis après une nuit agréable et paisible sous des couettes douillettes.

La pente, s'adoucit un peu, 500 mètres plus bas, et nous arrivons au bout d'une piste, avec quelques chalets d'alpage. La petite route goudronnée qui suit, mène à un hameau où des petits tas de foin sont protégés par de curieux « chapeaux » de plastique, bien haubanés. Nous admirons une haie de dahlias multicolores et saluons au passage la chèvre de Monsieur Seguin.

Merveille ! Sur les bords du chemin, à l'écart de toute maison, poussent des cyclamens.

Plus bas, le sentier s’infiltre dans un talweg où, pour traverser à plusieurs reprises des ruisselets chantants, il nous faut emprunter de petits ponts de bois, rendu bien glissants par l'humidité... Arrivés à deux pas d’Agordo, une navette que nous prenons au vol, nous amène à la gare routière. Les horaires, qui ont changé depuis le 15 septembre, nous contraignent à une longue attente...

Le retour à Villabassa va s’avérer long et compliqué : il nous faut prendre d’abord un car jusqu'à la gare de Belluno où nous sautons dans un train en partance pour Calalzo-Pieve di Cadore sans avoir eu le temps de prendre des billets.

La voie ferrée remonte la vallée du Piave par une succession de tunnels mais permet de temps à autre des vues intéressantes sur le torrent, un barrage, des villages… et des sommets.


À Calalzo-Pieve di Cadore – ville natale du Titien – c’est un car que nous prenons presque immédiatement et qui nous amène à Cortina d’Ampezzo où, après une attente raisonnable, un autre car nous conduit jusqu’à la gare de Dobbiaco / Toblach dans le Pustertal.

Enfin, quelques minutes plus tard, un dernier train nous ramène à Niederdorf/Villabassa où nous retrouvons avec plaisir la pension Klara. Il est 18 heures et nous pensons avoir eu beaucoup de chance car, en l'absence d'horaires, il nous était difficile de prévoir avec précision les détails de ce retour.

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Voilà notre Alta Via N°1 terminée. Que dire de plus ? Que mes complices ont été ravis de ce long trek nous faisant passer au pied des grands sommets aux parois souvent impressionnantes. L'accueil dans les refuges a toujours été cordial, voire même chaleureux, les repas servis ont été excellents et roboratifs, les tarifs restant légers. Quant à la météo, elle a été conforme à ce qu'on pouvait en attendre puisque le cycle est bien connu : généralement, temps beau ou correct en matinée, orages en après-midi. Il convenait seulement d’arriver à l'étape avant la pluie ...

PS Il me faut remercier Christiane, Odile et Pierre qui, par quelques photos, ont contribué à élargir ma galerie d'images...

Carte avec le parcours du rifugio Vazzoler au rifugio Carestiato - détails techniques - fichier GPS [clic]

Carte avec le parcours du rifugio Carestiato à Agordo - détails techniques - fichier GPS [clic]


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