• Christian B.

Sibérie Savoyarde

Mis à jour : nov. 8


Combien de fois l'ai-je parcourue l'avais-je écrit l'an dernier dans ce billet La Combe d'Arclusaz, vous aviez dit encore et cette fois j'aurais pu écrire La Combe d'Arclusaz, toujours !

Oui, avec mon copain Edilio, nous y sommes retournés une fois de plus ! C'est lui qui devait choisir notre sortie hebdomadaire et sa proposition était assortie d'un il va faire froid couvre-toi et à la lecture du bulletin météo je ne pouvais l'ignorer.

Comme l'an passé, après avoir rejoint le village d'École-en-Bauges (815 m), la route enneigée devient vite difficile et malgré la virtuosité de mon chauffeur, il nous faut abandonner notre véhicule bien en-dessous du parking des Aroles, point de départ habituel pour cette balade.

La piste forestière de quatre kilomètres qui permet de rejoindre la combe proprement dite est enneigée comme je ne me souviens pas l'avoir vu et ce matin, puisque personne ne nous a précédés, les seules traces inscrites dans les 20 centimètres de neige poudreuse tombée cette nuit sont celles de la faune. C'est beau, mais dans l'ombre la température est glaciale.

Elle l'est plus encore lorsqu'on débouche au pied de la combe à 1.200 mètres d'altitude et qu'au chalet des chasseurs - c'est moi qui l'ai dénommé ainsi car apparemment, il n'a pas de nom du moins sur les cartes - nous faisons une pause à l'abri du vent, pause rendue d'autant plus indispensable que le vent souffle avec ardeur et que la température est devenue ... sibérienne !

Mon thermomètre marque -15°/-16° et le vent que j'estime au bas mot à 15 kilomètre/heure conduit à une température ressentie de -25° et probablement plus basse encore parce que le vent est probablement plus soutenu que mon estimation.

Nous avons été rejoints, venus depuis le Nant Fourchu, par quatre jeunes qui après un court arrêt poursuivent vers la combe aux chevaux, mais ils nous diront qu'eux aussi ressentent le froid vif et que les pommettes de leurs joues sont devenues insensibles !

Une polaire supplémentaire est ajoutée, j'enfile ma cagoule, jusque là au fond du sac, sous mon bonnet en polaire et je suis paré.

Mon thermos d'une main, le gobelet de l'autre, les gants ôtés pour l'opération, je commence à avaler une gorgée de thé chaud et ... je me retrouve par terre les mains nues dans la neige et ça je vais le payer !

Certaines mauvaises langues vont insinuer que j'avais ajouté de la gnôle ou je ne sais quoi dans mon thé, plus prosaïquement, la couche de neige un peu dure qui recouvrait une autre couche poudreuse a cédé sous le pied.

Nous repartons mais nous sommes toujours dans l'ombre, le soleil n'arrivera qu'après 10 heures.

C'est très beau et je continue à prendre quelques photos ce qui m'oblige à enlever un gant ne fut-ce que pour déclencher - je ne change plus les réglages il va sans dire - et comme j'ai eu deux doigts gelés il y a longtemps dans la face nord d'un sommet de plus de 4.000 mètres dans l'Oberland Bernois, depuis ils sont restés très sensibles au froid et je ne les sens plus bien que j'essaie de les réchauffer.

Aux chalets d'alpage des Arbets (1.537 m) ensevelis sous la neige comme nous ne les avons jamais vus, nous faisons une nouvelle pause. Nous pourrions continuer vers le col d'Arclusaz mais là-haut s'équiper pour la descente, enlever les peaux, serrer les chaussures et mettre le casque dans un vent plus fort parce que subissant un effet venturi ne nous emballe pas et la descente est décidée.

Cette fois nous n'avons pas joué avec les nuages comme la semaine dernière mais avec les températures sibériennes, nous avons eu froid, très froid, mes doigts vont se rappeler à mon bon souvenir durant au moins une petite semaine mais quel bonheur d'être là-haut !


Date 13/02/2018 Distance 12,7 km, départ 7 H 35, retour 11 h 35, temps 3 H (plus arrêts), difficulté : BS, S2 D+ & D- 586 m. Carte IGN 3432 OT Massif des Bauges

Carte avec le parcours - détails techniques - fichier GPS [clic]


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