• Christian B.

Arezzo, la cité de Pétrarque

Mis à jour : avr. 21


Nous sommes à Arezzo, une ville qui a la chance de se trouver un peu à l'écart des circuits classiques permettant aux visiteurs d'échapper aux foules qui envahissent la Toscane.

Je suis venu ici à nombreuses reprises, d'abord dans le cadre de mon job ensuite par plaisir de la découverte des richesses artistiques de la ville.

Notre véhicule abandonné sur l'un des parkings de la Porta San Biaggio, par des escalators nous rejoignons le centre historique.

La Cattedrale San Pietro e Donato, que nous trouvons en premier sur notre parcours, est emplie d’une foule considérable : c’est la fin d’une cérémonie de sépulture d’une personne très jeune et l’émotion est palpable, notre visite sera pour un peu plus tard.

Nous suivons un moment le Corso Italia, la principale artère de la ville, puis par de petites rues étroites comme les villes italiennes en regorgent, nous gagnons la Chiesa Santa Maria della Pieve.

Sa façade, en style romano-pisan est hélas en réfection et l’on voit mal les trois étages de colonnettes ornées de motifs variés, son campanile aux cent trous (il y en aurait en fait 40) est devenu le symbole de la cité.


L’intérieur est d'une pureté et d'un dépouillement rare en Italie ; derrière l'autel surélevé, le polyptyque représente la Madone et les Saints de Pietro Lorenzetti (1320).

Dans la crypte, entièrement reconstruite, le buste reliquaire de Saint Donato est un superbe travail en argent doré de 1346.

Derrière l'église, la Piazza Grande d'où se voit mieux le campanile aux cent trous dominant l'abside de Santa Maria della Pieve.


La place mérite bien son nom : très étendue, nettement en pente et bordée de maisons médiévales, de palais Renaissance : le Palazzo delle Logge, sa loggia et ses élégantes colonnettes, le Palazzo del Tribunale ou encore le Palazzo della Fraternità dei Laici...

Nous revenons vers le Duomo en passant devant la Casa di Petrarca (Maison de Pétrarque), au demeurant une bien quelconque demeure, on se console en admirant la façade couverte d'écussons d'une maison voisine.


Nous revenons à la cathédrale, impressionnantes par ses dimensions, comme l'est son monumental maître-autel, documenté depuis 1362.

Parmi les œuvres les plus importantes conservées dans la cathédrale d'Arezzo, nous trouvons une fresque La Madalena (Sainte Marie Madeleine) par Piero della Francesca, peinte vers 1460 dans la nef gauche, émouvante dans sa simplicité.

On trouve encore de nombreux tombeaux dont celui de Saint Donat, richement sculpté dans le marbre blanc et le curieux cénotaphe tout en hauteur de Guido Tarlati dont les sculptures retracent sa vie glorieuse comme chef du parti Gibelin.

Délaissant malheureusement la Basilica San Francesco (elle ferme ses portes à 17 h 30 le samedi), nous entrons dans la Chiesa San Domenico juste avant que la porte ne soit fermée…

De style gothique, cette église du XIII° siècle présente une façade asymétrique mais ce qui frappe le plus, c'est l'admirable crucifix de Cimabue qui domine le maître-autel : bien que très influencée par le style byzantin, l'œuvre fait transparaître une intensité dramatique et un sens du relief tout à fait nouveaux pour l'époque.


Elle abrite également des fresques magnifiques de l'école de Duccio et de Spinello Aretino...


Il me faut revenir dans l'hexagone, d'autres voyages m'attendent mais la richesse artistique de l'Italie est telle que je pourrais écrire des dizaines d'articles au risque de lasser mes lecteurs. Florence et la Toscane, la Vénétie ou l'Italie du Sud feront l'objet d'autres billets ... plus tard !


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