• Christian B.

Les mines de sel de Bex

Dernière mise à jour : juil. 12


Le sel a été depuis l'Antiquité et jusque dans un passé relativement récent, ce que le pétrole est de nos jours, un produit à la fois indispensable et une source d'importants revenus non seulement pour ceux qui le produisent mais aussi pour les pouvoirs publics qui le taxaient.


La découverte de sources salées dans le canton de Vaud remonte au XV° siècle : selon la légende, un berger qui menait ses chèvres paître vers Panex au-dessus d'Ollon et au Fondement près de Bex aurait remarqué que ses chèvres s'abreuvaient de préférence à l'eau de deux sources.


L'ayant goûtée, il trouva qu'elle était salée et il eut confirmation de sa découverte après l'avoir fait bouillir, constatant que l'évaporation avait laissé un fin dépôt de sel au fond de la marmite.


Au cours des siècles suivants, le gisement de Bex va connaître une intense activité. Au départ, les habitants de la région captent l'eau salée à 1.000 mètres d'altitude et la font descendre en plaine où ils en extraient le sel en la faisant bouillir.



Mais vers 1680, les sources se tarissent et l'exploitation entre dans une autre ère : des mineurs creusent des galeries, taillent à la main de spectaculaires escaliers, puis creusent ensuite d'autres galeries plus bas.

À la fin du XVIII° siècle, la technique d'exploitation change : au lieu d'extraire la roche pleine de sel pour la lessiver à l'extérieur, on la lessive sur place dans une immense salle appelée le dessaloir creusée au cœur de la montagne.


La technique actuelle date de 1960 : le sel est extrait par un système de doubles tubes introduits dans la roche puis de l'eau douce à haute pression est injectée dans le premier tube ; la pression permet à l'eau salée de remonter dans le second tube.


De nos jours, c'est environ 35.000 tonnes de sel qui sont extraites chaque année de ces mines.


Bex possède donc une montagne pas comme les autres, une montagne salée, une montagne creusée d'un vaste réseau d'escaliers, de forages, de salles immenses, de puits, de galeries s'étendant sur plus de 50 kilomètres !


Bien qu'encore en activité, les mines de sel se visitent : après une présentation audiovisuelle, un parcours de presque deux heures d'abord avec le train des mineurs puis à pied, permet de réaliser l'importance du sel jadis et les difficultés de son exploitation souterraine en montagne.


Une épopée qui se poursuit encore aujourd'hui et que nous avons eu plaisir à découvrir.



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