• Christian B.

Terres Australes ~ Archipel de Crozet #1 Baie Américaine

Mis à jour : avr. 14


L'archipel des îles Crozet (340 km²) situé entre les latitudes 45° 95’ et 46° 50’ Sud et les longitudes 50° 33’ et 52° 58’ Est, dans le sud de l’océan Indien entre Madagascar et l’Antarctique, est composé de cinq îles volcaniques, la plus élevée culminant à 1.050 mètres d'altitude. Le climat est typique de la zone subantarctique, particulièrement venteux et pluvieux, avec une température moyenne de l’air de 5°C et l’eau de 4°C.

L’archipel est divisé en deux groupes distants d’environ 110 kilomètres, le groupe occidental comprenant les Cochons, les Apôtres et les Pingouins appelé îles Froides par Marion Dufresne qui les découvrit en 1772. Le groupe oriental comprend l’île de la Possession sur laquelle se situe la base Alfred Faure et l’île de l’Est 18 kilomètres plus à l'est.

Samedi 27 mars : Crozet ~ La Baie Américaine

L’île se découvre devant nous au petit matin, sous un jeu de lumières très particulier. Un vent constant de sud-ouest, force 5, soufflera toute la matinée.

Nous jetons l’ancre devant l'île de la Possession face à la base Albert Faure sous un ciel voilé. Il y a de l'excitation chez ceux qui vont débarquer : scientifiques ou ingénieurs en mission de quelques heures ( pour relever les appareils de mesure ou en faire la maintenance ) ou encore militaires des trois armes assurant l'assistance des bases - la marine s'occupe des centrales électriques ( et des bateaux aux Kerguelen ) ; l'armée de terre se charge des ateliers et des véhicules, l'armée de l'air des approvisionnements et des communications.

Excitation aussi chez les contractuels qui ont un contrat d'un an avec les TAAF ( charpentiers, boulangers, cuisiniers, etc. ) habituellement des réunionnais ou des malgaches.

Excitation également chez les « touristes » qui vont découvrir ces îles fascinantes.

Excitation enfin pour l'équipe de l'OPEA qui doit débarquer des approvisionnements de toutes sortes en un temps record rendu encore plus bref par les conditions météo ( l'hélicoptère ne vole pas dès que le vent dépasse les 50 nœuds ce qui ici est fréquent ). Nous débarquerons après que la première rotation de l’hélico ait transféré le courrier à terre.


Vers 10 heures, c'est donc à notre tour d'aller à terre en hélicoptère (il n'y a aucun autre moyen de débarquement). La moitié des touristes est déposée à la base Alfred Faure, quant à notre groupe, Pascal le pilote de l'hélicoptère nous emmène sur la plage de la Baie Américaine (ou Baie US ou encore BUS en langage taafien).

Survol hallucinant le long de l’impressionnante côte sauvage de l’est de l’île de la Possession. Notre pilote est un virtuose qui prend du plaisir à nous faire plaisir, c’est flagrant. Nous longeons le bord de mer au dessus des vagues en slalomant entre les rochers et passons devant grottes, cascades et autres escarpements magnifiques. Le trajet ne dure que quelques minutes mais c’est un vrai bonheur. L’expression selon laquelle on en prend « plein les mirettes » ne suffit pas, il n’y a pas que les yeux il y a aussi les sensations…

Sur la plage au fond de la Baie Américaine où nous avons été déposés, c'est la vision incroyable d’une sauvage beauté extrême.

Coté terre, c'est un paysage de vallées avec des nuances de vert et des petites montagnes en arrière-plan. La rivière Moby Dick arrive du fond des vallées pour se jeter dans la mer et les nids d’albatros parsèment cet immense espace de plaines et de montagnes. Sublime. Tout est sublime. L’ambiance est belle, nous sommes tous émerveillés, scotchés, bluffés.

Côté mer, une plage de sable noir avec une immense falaise vers la gauche qui se termine sur un pic détaché genre pain de sucre rocheux abrupt. Falaises aussi sur la droite mais cette fois-ci avec des chutes d’eau vertigineuses un peu plus loin aperçues en vol avec l’hélico.

D'importants groupes de manchots royaux et quelques éléphants de mer participent à la photo. Nous ne voyons pas le temps passer, le dépaysement est total de se retrouver là, loin de l’agitation du bateau et des activités de déchargement, plus loin encore des trépidations de la vie moderne de l'hexagone.


On ne sait où donner de la tête entre les manchots royaux et les éléphants de mer. On s’agenouille sur la plage pour prendre des photos, ébahis devant un tel spectacle. Les manchots curieux s’approchent, on pourrait croire qu’ils nous inspectent…

Sandra notre guide nous propose de partir en balade à la petite manchotière avant que le temps ne se gâte, en passant pas le col du Morne Rouge. Albatros, rappels botaniques et gorfous sauteurs agrémentent notre chemin, passage en longeant une rive du lac sans nom et descente vers la manchotière.

La brume descend de la vallée des Branloires. Il n’y aura finalement qu’une petite bruine alors qu'au retour le vent s’est levé. Nous pique-niquons devant la cabane en compagnie des chionis et des labbes subantarctiques.

L’heure du retour en hélico avance aussi nous décidons de profiter de la demi-heure qu’il nous reste pour nous rendre sur le site des anciens phoquiers. Passer par la plage, c’est plus rapide, mais des otaries belliqueuses ont décidé de nous en empêcher …

Par radio, on apprend alors que l’hélico ne vole plus en raison du vent devenu trop fort. Nous ça nous arrange presque bien que le froid devienne incisif. Ça nous permet de passer plus de temps sur place à faire des photos … Plus tard, de retour à bord nous échangeons nos impressions avec l'autre groupe…

Nous apprenons que les opérations logistiques ne sont pas déroulées comme prévu ce qui modifie légèrement le programme pour demain. Le bateau qui devait se décaler vers le nord de l’île, du côté de Pointe Basse, ne bougera finalement pas. Pour nous, ça ne change pas grand-chose, nous partirons plus tôt, c’est tout.


Écrit devant l'île de la Possession (Crozet) le 27 mars 2010


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