• Christian B.

Sur le Camino Francés #4 Burgos

Mis à jour : avr. 21


Arrivé en milieu de matinée à Burgos, j’ai trouvé à me loger dans un petit hôtel à deux pas de la estación de autobuses et tout aussi proche du centre historique, vraiment pratique pour une visite de la cité mon autocar pour retourner en Savoie étant prévu pour le lendemain soir.


La ville de Burgos, berceau de la Vieille-Castille, a été construite sur un plateau culminant à 900 mètres d'altitude. Peuplée par près de 180.000 personnes, elle est renommée pour son centre historique que domine la masse de la cathédrale Santa-Maria, une des plus célèbres du pays ; sa construction s'est échelonnée du XIII° au XVI° siècles, on peut y admirer des chefs-d'œuvre comme les aiguilles des tours, l'escalier de la Coroneria (dit aussi escalier doré) du XVI° siècle, le fin travail des sculpteurs, plusieurs tombeaux dont ceux du Cid et de sa femme avec son dôme étoilé. J’y reviendrai dans un second billet consacré à la cathédrale de Burgos.

Mais outre cette superbe cathédrale, c’est une ville riche en monuments historiques et religieux.

Sous un soleil généreux, je suis donc parti flâner dans le centre historique en traversant le Rio Arlanzón qui sépare la vieille ville au nord de la ville moderne au sud, conférant à la cité un certain charme avec ses larges paseos de part et d’autre de la rivière.

L’Arco de Santa Maria datant à l'origine du XV° siècle, est très impressionnant de par sa taille, ses tourelles et ses statues.


La Casa del Cordón, récemment restaurée, est occupée par la Caja de Ahorros. Édifiée au XV° siècle, pour les Connétables de Castille, cette demeure arbore toujours, sur sa façade, le grand cordon franciscain qui lui a donné son nom. Elle a été rendue célèbre par la réception faite par les Rois Catholiques à Christophe Colomb. Philippe le Beau y mourut subitement d'un refroidissement pris après une partie de pelote, ce qui rendit son épouse Jeanne folle de désespoir, et François Premier libéré de captivité après sa défaite de Pavie en 1525, logea en ces lieux avant de retourner en France.

Dans l’iglesia San Nicolá de Bari le retable de taille imposante fut exécuté en 1505 par Simon de Cologne. Sa décoration extrêmement chargée ne compte pas moins de 465 figures. Dans la partie haute, la Vierge couronnée apparaît encerclée d'une théorie d'anges. Autour de la statue centrale de Saint Nicolas, le sculpteur a retracé la vie du saint, son voyage en caravelle à Alexandrie. En bas les apôtres de la Cène assis de dos.

N’ayant pu à regret, entrer dans l’iglesia de San Esteban, Museo del Retablo, je suis monté au Castillo sur la colline de San Miguel 75 m, bâti au-dessus de la ville soulevée par le comte Diego de Castille au moment de la Reconquista. En partie détruit par les armées de Napoléon pendant la guerre d’Espagne à l’automne 1812 après que la ville eut été assiégée par le Duc de Wellington.

De l’esplanade devant le château – il se visite du 15 juin au 15 septembre, le reste de l’année avec réservation - la vue sur la ville est superbe.

Je suis passé – à plusieurs reprises – par la Plaza Mayor, grande-place circulaire, typiquement ourlée d'une galerie couverte, qui sert de cadre aux réjouissances populaires. La Casa Consistorial – hôtel de ville – y est l’un des bâtiments remarquables.


Figure de la cité, Rodrigo Díaz de Vivar né vers 1043 à proximité de Burgos et mort à Valence le 10 juillet 1099 - dit El Cid Campeador ou simplement El Cid - est un chevalier mercenaire chrétien, héros de la Reconquista, bien qu'il ait également combattu aux côtés des musulmans contre les chrétiens en contrepartie d'avantages financiers.

Sa statue Plaza de Mio Cid fait face au Puente San Pablo lequel est embelli avec les statues de son entourage.

La fiesta de San Pedro y San Pablo amène chaque année beaucoup de visiteurs à Burgos. La « Sampedros » a lieu le 29 Juin, mais la célébration et la fête durent plus d'une semaine, en combinant les événements les plus traditionnels avec un programme très varié. La Sampedros est marquée par la participation active des citoyens à tous les événements organisés, couvrant tous les âges et tous les goûts possible. Les festivités commencent depuis le balcon de l’Ayutamiento (la mairie) où le maire, le crieur public et les reines de la fête, accompagnés de danseurs et des « gigantillos » souhaitent la bienvenue à tous les participants et visiteurs. La Sanpedros, c’est pourtant encore loin, mais les « gigantillos » s’entraînent régulièrement et j’ai été amusé de les voir déambuler sur le Paseo de la Audiencia.

J’ai terminé la journée au Museo de Burgos installé dans la Casa de Miranda et la Casa de Iñigo Angulo. Les collections sont issues exclusivement de la province de Burgos par leur origine ou leur destination et illustrent l’évolution historique et culturelle de la région… J’y ai remarqué deux pièces très précieuses provenant du monastère de Santo Domingo de Silos : un coffret hispano-arabe, sculpté dans l'ivoire à Cuenca au XI° siècle, et orné de plaques émaillées, un devant d'autel en cuivre repoussé et émaillé du XII° siècle.

Demain, la pluie est annoncée, j'irai me réfugier à la cathédrale de Burgos où il y a tant à voir avant de rejoindre la estación de autobuses et mon car qui me ramènera à la maison ...


→ Cliquer sur les photos pour les voir en grand format, celles encadrées en jaune datent de mon parcours en 2008, celles encadrées en rouge de mon parcours en 2015.


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