• Christian B.

Chandolin au soleil d’automne

Mis à jour : avr. 21


Le Valais est un curieux canton, il possède trois visages bien différents :

· Le Haut-Valais des glaciers, des villages oubliés et de quelques stations prestigieuses telles Zermat ou Saas-Fee. On y parle l’allemand et le Rhône y prend sa source tout en haut de la vallée de Conches au-dessus de Gletsch.

· Le Valais Central, pays de vignobles et de l’arboriculture ; on y trouve dans la plaine du Rhône des vergers de pommiers et surtout d’abricotiers alors que sur les pentes de la rive droite, ce sont les vignes qui s’y sont installées. Ici le français est la langue traditionnelle avec un accent prononcé.

· Le Bas-Valais en aval de Martigny est industriel. Il débouche en même temps que le Rhône sur le lac Léman où il jouxte le canton de Vaud.

Mais on peut presque affirmer qu’il y a un peuple différent dans chaque vallée, et des vallées latérales au Rhône, il y en a des dizaines...

Même si le Valais est partagé culturellement, le caractère de ses habitants se retrouve à travers tout le Vieux-Pays. Catholiques à 95%, croyants, attachés à leurs traditions, excessifs et rieurs, les valaisans communient volontiers autour d’une fondue ou d’une raclette arrosée, comme il se doit, de quelques « décis » de fendant.


De tous les suisses, les valaisans sont certainement les plus affables – mes amis suisses d’Outre Sarine ne m’en voudront pas, j’espère, de trouver leurs concitoyens plus austères.

Le val d’Anniviers est à coup sûr l’une des vallées les plus souriantes. On y accède depuis Sierre où, après avoir traversé le bois de Finges considéré comme la plus vaste pinède d’Europe, une route bien pentue file en direction de Vissoie (1.200 m), un gros bourg qui se veut être la capitale de la vallée.


La route se poursuit et bute au fond du val de Zinal, autrefois un rassemblement de quelques mazots de bois et lieu de pâturages, aujourd’hui une petite station de ski familiale, dans un merveilleux écrin de cinq sommets de plus de 4.000 mètres.


À Vissoie, une autre route, bien étroite et sinueuse, grimpe vers Saint-Luc (1.655 m) et au-delà jusqu’à Chandolin (1.936 m), la plus haute paroisse du Valais et l’un des villages les plus hauts d’Europe habités toute l’année.

L’église est de style post-baroque mais l’intérieur surprend par la richesse du décor et du mobilier, le faux-marbre des pilastres qui est d’origine et les stucs qui ornent différents éléments architecturaux et d’autres surfaces. La toile de Sainte Barbe du maître-autel est d’un peintre inconnu. Les vitraux du chœur furent réalisés par Edmond Bille en 1932. Ceux de la nef, qui n’étaient que de simples verres, furent remplacés en 1963 par des vitraux d’Albert Chavaz.

Élie Caloz fut également le créateur de l’orgue. Dans une vieille grange de Muraz, transformée en atelier, il fabriqua les flûtes métalliques, ajusta les pièces en bois, trouva des peaux spéciales pour le soufflet et tailla les touches du clavier dans des os de vache. L’orgue fut acheminé à Chandolin en pièces détachées à dos de mulet. La pose des cloches fut aussi toute une aventure. On les transporta depuis Soussillon (1.393 m) sur des luges tirées par des bœufs et, une fois au village, on les fit passer sur une passerelle, depuis le chemin du Calvaire jusqu’au clocher !

Autrefois muse des poètes, escale des voyageurs, refuge des hôtes de marque, Chandolin n’a rien perdu de sa superbe. Exposée plein soleil, cette station haut-perchée se profile comme une destination bourrée de charme pour qui cherche la tranquillité aux confins des arolles et des mélèzes ou pour les randonneurs qui peuvent trouver ici de nombreux itinéraires.


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