• Christian B.

Svalbard #1 Ces montagnes qui flottent sur la mer

Mis à jour : 31 déc 2019


L’Arctique est un désert puissant où les forces de la vie se fondent dans une nature subtile qui, en un rien de temps, peut changer d’un pur univers cristallin à la tourmente infernale.

Si vous aimez l’Arctique, allez-y avec un guide.

Jean-Louis Étienne

Depuis longtemps je suis fasciné par les Hautes Latitudes, peut-être parce qu’adolescent je m’abreuvais de la lecture des expéditions des grands explorateurs du début du siècle dernier et de la fin du précédent. J’avais quinze ans et j’ai dévoré et relu plusieurs fois « Vers le Pole » de Fridtjof Nansen ou encore « L’Odyssée de l’Endurance » d’Ernest Shackleton. Plus tard, ce fut « Ces Montagnes qui flottent sur la Mer » un livre de Charles-Pierre Péguy (titre que je lui emprunte avec l’amicale bénédiction de son fils Jacky). Alors en 2005 je suis allé au Svalbard !

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Le Svalbard regroupe les îles comprises entre le 74° et le 81° de latitude nord et entre 10° et 35° de longitude est. Son administration est assurée par la Norvège dont un Sysselman (gouverneur) assure le respect de législation et de la réglementation de l'archipel.

La plus grande des îles en est le Spitzberg qui représente les 2/3 de l’archipel. La distance qui sépare l’extrémité sud du Spitzberg du Cap Nord, pointe extrême du continent européen, est de 637 kilomètres alors que les îles les plus au nord de l’archipel, Sjuöyane, ne sont qu’à 1.020 kilomètres du pôle nord.

L’Océan Glacial Arctique borde l’archipel au nord, la mer de Barents au sud et à l’est et la mer du Groenland à l’ouest. Le nom de Svalbard a été donné à l’archipel en honneur des vikings qui avaient baptisés ces terres « côtes froides », le terme de Spitzberg ne désignant que l’île principale.

Le Svalbard, comme d'autres régions polaires, est devenu une des destinations touristiques qui laissent chez le visiteur une empreinte profonde et durable. Quelque part il est certes rassurant de savoir que « tout là-haut » existent encore de somptueux paysages et que l'aventure au sens originel nous y attend ; on sait en outre par la littérature et les images que cette nature arctique fera probablement naître en nous une étrange fascination, laquelle pourrait bien déboucher en fin de compte sur une irrésistible attirance...

Le Svalbard, c'est le désert polaire par excellence, tantôt dramatique, tantôt idyllique, avec ses sommets en dents de scie et ses oasis de verdure, ses glaciers en marche et ses plaques de glace dérivantes. Il est si riche en découvertes qu'il semble même bizarre qu'il soit toujours resté aussi mystérieux pour la plupart des hommes, car nulle part ailleurs il n'est plus simple de découvrir l'Arctique qu'au Svalbard. En aucun autre endroit dans le monde on ne peut approcher si près le Pôle Nord en avion en peu de temps et à un prix avantageux. La cerise sur le gâteau c'est la lumière qui, ici au bout du monde, déploie sa magie envoûtante et fait qu'une croisière polaire prend tout son sens...

L'agglomération principale du Svalbard est Longyearbyen, fondée dans l'Isfjord - le fjord le plus vaste de l'archipel - en 1906 par l'américain John Munroe Longyear ; la ville a été rachetée par la SNSK en 1916 et c'est aujourd'hui le siège de l'administration norvégienne avec son Gouverneur et environ 2.000 résidents. C'est là que se trouve l'aéroport ouvert en 1975 et qui assure des liaisons quotidiennes avec la Norvège. Ces dernières années la ville s'est dotée d'infrastructures modernes accueillant mineurs (la mine N°7 est actuellement la seule en activité dans la ville), chercheurs et étudiants (l'UNIS, l'université fut ouverte en 1993), employés des diverses administrations et touristes, faisant de cette ancienne cité de la compagnie minière une « capitale » dont la population augmente régulièrement ; elle est forte d'une communauté ethnique variée où 30 à 40 nations sont représentées.

À Sveagruva, au fond du Van Mijenfjorden, à 60 kilomètres au sud-est de Longyearbyen, une mine de charbon fut ouverte par une compagnie suédoise en 1917. Rachetée en 1934 par la compagnie charbonnière norvégienne SNSK, modernisée et remise en activité, c'est aujourd'hui la mine la plus active du Spitzberg. Cette implantation compte une piste d'aviation, un magasin et un hôtel. Mais peu de gens y résident en permanence, la plupart des employés, environ 250, font la navette en avion entre Svea et Longyearbyen.

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Parti en matinée depuis Genève après un long voyage avec escales à Copenhague et à Oslo, nous avons atterri à Longyearbyen peu après minuit, mais il faisait grand jour quoi que un ciel bas apportait une note de nuit tombante. Nous avons retrouvé l’ami Olivier et fait la connaissance des cinq autres équipiers qui vont partager avec nous ces deux petites semaines de navigation le long des côtes nord-ouest de l’archipel sur Southern Star, un voilier de 23,72 mètres construit pour naviguer dans ces hautes latitudes.

La nuit a donc été bien courte d’autant qu’il faut s’habituer à ce jour permanent.

Nous avions quartier libre pour la matinée et nous sommes partis … en ville ! On ne peut pas dire que ce soit bien folichon. Après tout Longyearbyen est une cité minière, mais nous avons arpenté la rue principale et sommes entrés dans quelques boutiques, le tour de la cité la plus au nord de la planète, aura vite été fait !

Vers 15 heures nous avons levé l’ancre et, traversant l’Isfjord, pris la direction d’Ymerbukta, une fort jolie baie au pied d’un glacier, bien sûr.


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