• Christian B.

L'abbaye de Saint Maurice

Mis à jour : janv 2


À Saint-Maurice, sur la route qui rejoint Lausanne au Valais et au delà vers le col du Grand Saint-Bernard, une communauté de chanoines se partage entre mission pastorale, enseignement et préservation d’un patrimoine exceptionnel.

Construite en 515, l’abbaye de Saint-Maurice est la plus ancienne d’Occident à avoir été continuellement occupée par des chanoines. L’abbaye a en effet été construite autour du tombeau supposé de Saint Maurice, officier romain venu de Thèbes en Haute-Égypte à la fin du III° siècle. À cet endroit de la vallée du Rhône, un massif dentelé ferme la plaine et cantonne le fleuve en un étroit goulet, un passage aisé à contrôler.

Maurice et la légion thébaine auraient reçu l’ordre de tuer tous les habitants d'Octodure (Martigny) convertis au christianisme. Après le refus de Maurice et celui de sa légion d'obéir à cet ordre, il fut exécuté et ses hommes avec lui. Près d’un siècle plus tard, les restes des martyrs furent déposés au pied de la falaise rocheuse d’Agaune, près d’un sanctuaire jusque-là dédié aux Nymphes et irrigué par une source.


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Dominée par une tour romane du XI° siècle, la basilique actuelle a été construite sur les vestiges (ou à côté) de plusieurs églises primitives : en 1611, un éboulement de la falaise qui domine l'ensemble fracassa les voûtes du chœur de l’église, décidant les chanoines à rebâtir quelques dizaines de mètres plus loin, le tracé des églises primitives a été dégagé lors de fouilles archéologiques.

Une lourde porte a été posée à l’entrée de la basilique, œuvre d'un plasticien français, elle représente le Christ de l’Ascension et huit soldats thébains, les palmes du martyre à la main.

À l’intérieur de la basilique, les piliers ont été récupérés sur des temples romains, donnant un aspect particulier à la nef.

Cinq ensembles de vitraux mettent en lumière le sacrifice. Dans une riche palette de couleurs, on voit la légion thébaine s’embarquer sur la Méditerranée, puis Saint Maurice prêtant serment de fidélité au Christ. Une autre scène le place face à l’empereur, refusant ses ordres.

Les deux vitraux de la quatrième chapelle montrent l’exécution des martyrs par la garde prétorienne. Les dominantes bleues des deux premières séquences ont laissé place au rouge sang. La chapelle suivante relate la mise en sépulture, les corps verdâtres étant portés par les habitants revêtus de violet.

La suite de la visite conduit sur le site archéologique, vestiges des églises primitives. Le parcours met remarquablement en valeur le site avec des explications qui doivent ravir les amateurs de vieilles pierres...

Enfin, la présence ininterrompue des chanoines leur a permis de conserver des pièces d’orfèvrerie religieuse de grande valeur, datant des époques mérovingienne, carolingienne, romane, gothique, baroque et moderne, orfèvrerie exposée dans un espace fort bien aménagé.

Une visite fort intéressante qui m'aura pris deux bonnes heures...



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