• Christian B.

Atlantic Odissey ~ Gough Island, l'inhospitalière

Mis à jour : avr. 13


Découverte au milieu des années 1600, cette île d’origine volcanique, située à 340 kilomètres au sud-est de Tristan Da Cunha, couvre 65 km² avec une côte totalement rocheuse faite de falaises et de piliers très élancés. L’île culmine à 460 mètres d'altitude ( Edinburgh Peak ) et la température moyenne annuelle frôle les 12° et il y tombe près de trois mètres de pluie par an.

Elle a été déclarée « Wildlife Reserve » en 1976. Elle est rattachée politiquement au « Britain’s Dependencies of St Helena » et une station d’observation scientifique, gérée par la Bristih Antarctic Survey, est la seule trace humaine qu’on peut y trouver, mais elle n’est pas occupée de façon permanente ( 40°32 S, 09°95 W ).

Mardi 25 mars (J17) Gough Island

Réveil à 5 heures 30 dans un jour naissant pour un débarquement à 6 heures. Le ciel était plutôt couvert et un brouillard épais enveloppait l’île la rendant encore plus inhospitalière s'il en est. L'éclairage sera mauvais au désespoir des photographes.

En fait, nous n’avons pas débarqué mais passé trois heures en zodiac à quelques mètres d'un rivage hostile à observer otaries à fourrure subantarctiques, albatros, pétrels géants, sternes antarctiques et manchots d’une espèce très petite.



Nous avons même aperçu un « Leopard Seal » ( léopard de mer ) qui se prélassait dans le tussok.

Le fameux moorhen aurait été aperçu ! D’abord par Simon qui conduisait mon zodiac, ensuite par d’autres passagers … À cette occasion, je me suis rendu compte que les 52 passagers du Prof. Molchanov, se répartissent en plusieurs catégories : quelques-uns, fort peu nombreux, font cette croisière dans un unique but de dépaysement ; un bon spécimen en est Audrey, cette anglaise que j’ai vue sur les plages de Géorgie du Sud avec une toque en fourrure et une petite parka mieux faite pour visiter Paris ou Londres à la mauvaise saison que pour débarquer dans une île du grand sud ! Elle serait descendue à terre en chaussures à talons que je n'en aurais pas été surpris.

La majorité des passagers, la plupart membres d'associations ornithologiques, sont plutôt des habitués de ce type de croisière, apparemment intéressés par l'observation des oiseaux des hautes latitudes. Beaucoup ont en effet déjà voyagé avec le Prof. Molchanov ou l’un de ses sisterships, soit sur la côte ouest de la Terre de Graham, l’habituel croisière en Antarctique, soit au Groenland ou au Spitzberg …

Un nombre non négligeable de passagers s’intéressent donc aux oiseaux et ceux-là en connaissent un rayon sur le sujet. Ils sont capables de rester des heures sur les ponts extérieurs, même par mer difficile à regarder les oiseaux de mer voler, à les prendre en photo avec de gros téléobjectifs ( le couple hollandais Mettina & Henk, Don le compagnon de Debrah en sont de bons représentants ) ou encore à faire des comptages pour le compte de Simon.

Dans le staff, Simon justement et, dans une moindre mesure Albert, plus réservé, sont des professionnels de la question mais tout aussi enthousiastes. Il fallait voir Simon presque oublier qu’il barrait mon zodiac alors que le ressac nous amenait dangereusement vers le rivage et sauter de joie après avoir découvert le fameux moorhen. Le soir il relève les comptages d'oiseaux du grand sud et là où j'ai aperçu une demi-douzaine d'espèces différentes, les spécialistes en trouvent une bonne trentaine chaque jour !

Rentré à bord à 9 heures, dernier zodiac en mer, je me suis jeté sur un bon breakfast alors que le Prof. Molchanov appareillait pour faire le tour de l'île en la contournant par sa côte est puis sud.


J’ai fait un long séjour sur les ponts supérieurs à essayer de prendre en photo quelques-uns des oiseaux qui suivent le bateau tels des mouettes derrière un bateau de pêche breton rentrant au port.

J’ai vivement regretté la perte momentanée de mon zoom. Prendre des photos d’oiseaux en vol avec un grand angle relève d’un pari quasi impossible à moins que les photographiés aient la bonne idée de coopérer en passant à quelques mètres du bateau ce qu’ils font heureusement de temps à autre.

Compte tenu de l’heure tardive du breakfast, celle du déjeuner a été repoussée à 13 h 30 alors que le temps se dégradait avec un ciel bouché et une visibilité réduite.

La conférence de 16 h 30 proposée par Albert, notre Giant Killer of Mouse of Tristan Da Cunha, selon le programme porté au tableau d'affichage a permis de voir quelques très belles photos d’oiseaux sur Gough ou sur Tristan, des albatros, des pétrels, et quelques autres espèces en diminution en raison des dégâts causés par les souris ( Gough et aussi Tristan ) et les rats ( Tristan ) qui attaquent, blessent et tuent les jeunes poussins. Des programmes d’éradication de ces nuisibles sont apportés dans les îles subantarctiques par des scientifiques, le spécialiste mondial de la question étant un néo-zélandais.

Au briefing habituel de 18 heures 30, Morten nous donnent les consignes pour la descente à terre à Tristan Da Cunha, laquelle d’ailleurs est liée, pendant les trois jours que nous y passerons, aux conditions météo. Si le vent soutenu de nord-ouest reste établi, nous n’aurons que le choix d’admirer l’île … de loin, entre les grains !


Écrit en mer devant Tristan da Cunha le 26 mars 2008


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