• Christian B.

La Via de la Plata #4 Sur la calzada romana

Mis à jour : avr. 21


Les Romains ont fait preuve de méthodologie et de technique dans tous les domaines; il en fut ainsi pour les voies de communication.

Bien entendu, ils ont d'abord équipé leur pays d'origine; la ville de Rome communiquait avec le reste du monde méditerranéen par un réseau en étoile de 29 routes principales (d'où le fameux dicton : tous les chemins mènent à Rome). Puis les Romains ont équipé rapidement toutes les contrées qu'ils ont envahies, ceci dans des objectifs stratégiques qui firent leur supériorité pendant presque un millénaire : - ils devaient pouvoir se déplacer rapidement - à pied ou à cheval - au sein d'un empire d'une étendue inégalée : déplacement des armées, approvisionnement, commerce. Sans ce réseau efficace et durable, ils n'auraient pas pu se maintenir sur toutes les contrées conquises. - ces travaux considérables utiles à tous montraient aussi leur supériorité technique aux peuples envahis, qui pouvaient bénéficier de grands progrès dont ils n'étaient pas capables par eux-mêmes, amenant une « colonisation en douceur » efficace et durable; on a parlé de la « romanisation » des Gaules, et il n'y a pas eu de guerre véritable. - les technologies utilisées, aussi bien dans la topographie que dans la réalisation matérielle, ont rendu ces voies praticables en permanence - y compris les cols des Alpes - ce qui évitait l'isolement des contrées.

Les routes principales ont d'abord relié les établissements importants pour la conquête (via publica, via militaris) : camps militaires, passages difficiles par ponts et tunnels, zones de ressources naturelles (carrières, mines de fer et de plomb, bois et cultures). La stratégie est omniprésente. Le réseau s'est ensuite étoffé, avec des voies secondaires (via vicinalis), et des voies privées (via privata).

L’actuelle Via de la Plata suit une ancienne voie romaine, pratiquement inchangée de nos jours sur de nombreuses sections. Conçue et bâtie à l'origine pour faciliter le commerce de l'or, la via de la Plata partait alors d'Emerita Augusta (l'actuelle Mérida), allait jusqu'à Asturica Augusta (aujourd’hui Astorga), dans le nord-ouest de l'Espagne. La route, longue d'environ 900 kilomètres, passait par Castra Caecilia (Cáceres) et Salmantica (Salamanque). Elle se prolongeait au Sud jusqu'à Hispalis (Séville), où elle rejoignait la via Augusta.

Performances de déplacements notées dans des écrits de l'époque : → César, avec une escorte est allé de Rome à Arles en 8 jours. → César, avec son armée, de Rome en Espagne, a mis 27 jours. → un courrier à cheval faisait 70 km par jour (avec 3 ou 4 changements de cheval).

Aujourd’hui encore, sur toute cette calzada romana, on trouve en nombre des bornes milliaires.

Je suis donc sorti de Mérida en prenant la direction de l’Embalse de Proserpina, un vaste réservoir construit par Rome et j’ai retrouvé peu après les fincas, le sentier s'insérant à nouveau entre des chênes et des genêts, avec plein d'oiseaux, des cigognes qui enroulaient des thermiques, un aigle les accompagnant et surtout des aigrettes par dizaines.

Le lendemain, je suis entré dans le Parque Natural del Cornalvo. L'itinéraire est superbe, la piste monte lentement en serpentant entre les fincas alors que tout autour des bouquets de cistes étaient maltraités par le vent violent qui commençait à souffler en rafales.

Au Puerto de la Cruz, une vaste plaine s'est découverte: je vais mettre deux jours à la traverser. La halte du jour, un hébergement proposé dans un monastère portait un fort joli nom Convento de los Esclavos de Maria y de los Pobres.

De Cáceres, en 2011, je n’avais pas vu grand-chose, la ville connaissait d’importants travaux, des rues étaient quasiment inaccessibles et il m’avait fallu, à plusieurs reprises, demander mon chemin pour traverser et fuir la ville. Mais cette fois, j'ai pris un peu de temps en traversant le casco antiguo (centre historique).

Pourtant Cáceres mérite une halte, son passé survit dans sa citadelle, ses arches, ses façades ornées de blasons et ses rues pavées et tortueuses, forment un ensemble qui crée une atmosphère particulière.

C’est la ville des cigognes dont les claquements de becs et les nids volumineux font partie intégrante des vieux quartiers, on les voit partout sur les tours, les cheminées ou les antennes de télévision.

Sorti de Cáceres, j'ai fait étape à Casar de Cáceres puis j'ai continué à traverser d'immenses landes, juste interrompues par un barrage sur le Tajo, celui qui se jette dans l'océan Atlantique à Lisbonne donne ici naissance à l'Embalse de Alcantara.

Ensuite, ce fut un long plateau aride où , comme l'écrit un vieux topo décrivant l'itinéraire, règne une désolation complète avec pour seule ombre celle de votre chapeau !

En 2011, j’avais fait étape à Cañaveral où l'albergue se trouvait être l'annexe de l'hôtel local, 7 places, fort délabrée et très mal tenue. Heureusement, depuis un sympathique gîte a été ouvert à l’entrée du village que j'ai atteint avec joie après un long parcours de 34 kilomètres et un peu plus de sept heures de marche, la dernière accompagné de la pluie.

Carte avec le parcours Mérida→Aljucen - détails techniques - fichier GPS [clic]

Carte avec le parcours Aljucen→Alcuescar - détails techniques - fichier GPS [clic]

Carte avec le parcours Alcuescar→Valdesalor - détails techniques - fichier GPS [clic]

Carte avec le parcours Valdesalor→Casar de Cáceres - détails techniques - fichier GPS [clic]

Carte avec le parcours Casar de Cáceres→Cañaveral - détails techniques - fichier GPS [clic]


→ Cliquer sur les photos pour les voir en grand format, les photos encadrées en blanc datent de mon parcours en 2011, celles encadrées en rouge de mon parcours en 2015.





Article précédent Accueil Article Suivant

#merida, #extremadure, #viadelaplata, #caceres #casardecaceres, #calzadaromana #embalsedealcantara