• Christian B.

Le Chemin de Saint Guilhem #3 L’Aubrac du solitaire

Mis à jour : avr. 21


Depuis des millénaires, populations et marchandises circulent entre l’Auvergne et le Languedoc. Plus tard l’essor de l’élevage ovin a engendré la transhumance entre montagne et plaine littorale, des pistes de passage – les drailles – qui ont vite été utilisées par les marchands ou les muletiers pour le transport des marchandises vers les foires de Meyrueis ou du Vigan. Aujourd’hui des milliers de brebis les empruntent encore des garrigues aux estives de l’Aigoual. Les randonneurs du GR6 – un tracé qui vient de Sainte-Foy-la-Grande en Aquitaine et qui rejoint Sisteron - ou du GR7 – un sentier qui vient des Vosges et rejoint Andorre - traversant la région en empruntant ces drailles apprécient la splendeur des paysages, la sauvagerie des grands espaces mais aussi les trésors discrets des villages avec leurs habitants si accueillants !

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J03 – Samedi 6 juin ~ Saint Chély d’Aubrac → Refuge des Rajas

Au sortir de Saint-Chély d’Aubrac, après le pont sur la Boralde, j'ai abandonné le GR65 et laissé filer en direction du sud-ouest les « compostelles » vers les saints os supposés de Jacques et pris la direction symétriquement opposée vers les Enfrux (1.120 m) par le GR6, une montée soutenue durant une bonne heure. Amusant : durant un long moment, des vaches d'Aubrac occupant le sentier ont cheminé avec moi, m'interdisant pratiquement de les doubler en raison de l'étroitesse du sentier !


Plus loin j'ai cheminé plus tranquillement à 1.300 mètres d'altitude, traversant une forêt de hêtres durant près de deux heures, puis arpentant quelques kilomètres de goudron avant de bifurquer à la croix de Rode sur un sentier à travers des alpages vers le Puech des Rajas où se trouve le refuge lequel est incontournable sur ce parcours.

Peu de jours avant de partir, j’avais découvert - en lisant le topo de la FFRP que j'avais fini par me procurer - une variante permettant de rejoindre directement le Refuge des Rajas depuis Aubrac par le GR6A économisant ainsi au randonneur la longue descente casse-pattes vers Saint-Chély d’Aubrac, évitant la foule des pèlerins de Compostelle qui s’agglutine dans les gîtes de ce gros bourg et épargnant au marcheur la longue remontée vers les Enfrux. C’est évidemment plus que recommandable d'autant que l'on gagne une journée de marche, mais j’avais déjà fait mes réservations …

Le Refuge des Rajas (1.330 m) n'ouvrant qu'à 16 heures, je me suis organisé pour attendre tranquillement passant du soleil à l'ombre et de l'ombre au soleil. La bâtisse est rustique et souvent glaciale paraît-il mais avec l'actuelle canicule ce n'était pas le cas. Le cadre d'abord est remarquable tout comme l'a été plus tard l'accueil de Madame Denise Pignol. Le refuge des Rajas, c'est un grand moment du chemin.

En fin d'après-midi, alors que je n'ai vu personne durant mon parcours, plusieurs groupes de randonneurs ont rejoint le refuge lequel est à la croisée de plusieurs GR (GR6 et GR60) ou GRP dit Tour de l'Aubrac. L'un de ces randonneurs mérite une palme : à l’occasion d’une manip de véhicules, il a trouvé moyen d'arriver – par une piste plus que défoncée - jusqu'au refuge avec son quatre quatre et puis, ayant réservé pour quatre personnes, il a annoncé avec aplomb à madame Pignol qu'ils n'étaient que deux... Notre sympathique hôtesse qui a préparé le dîner en fonction des réservations a apprécié et puisqu’il avait également commandé quatre pique-niques, demain il aura de quoi se sustenter !

Après le dîner succulent (une daube de viande de blonde d'Aubrac), Denise nous a conté l'histoire du refuge des Rajas. On ne connait pas l'origine du nom, mais la bâtisse servait de lieu de rassemblement aux buronneurs avant qu'avec son mari éleveur de vaches de la race d'Aubrac et elle ne fassent l'acquisition de la bâtisse avec les pâtures.


J04 – Dimanche 7 juin ~ Refuge des Rajas → Saint Germain du Teil

C'est une belle étape de liaison comme je les aime, courte et sans dénivelé (à la montée) hormis une bosse peu après avoir quitté le refuge et deux courts raidillons à l'arrivée. Certains topos invitent à poursuivre un peu plus loin jusqu’à La Canourgue, mais faire halte à Saint-Germain du Teil permet de découper les étapes suivantes en de meilleurs tronçons.


Après un court parcours au milieu des alpages fleuris où le blanc des narcisses le dispute au jaune des renoncules et des genêts, une longue piste au milieu d'une forêt de pins mène en deux heures au col de Trébatut (1.075 m), puis c'est une forêt de chênes pratiquement jusqu'à l'arrivée.

Un parcours dans la solitude et quasiment à l'ombre, appréciable en ces jours de canicule mais l’orage apportera de la pluie en milieu d’après-midi.

À Saint-Germain, le gîte de Corine Blanc est vraiment sympathique et plaisant, un intérieur comme chez soi, un petit jardin particulièrement fleuri, un vieux four à pains, un repas avec des produits du jardin ou locaux, succulents. Le bonheur sur le chemin ! Les deux sympathiques petits groupes de randonneurs – l’un de Saint-Nazaire et l’autre de Cholet – qui ont également fait étape ici ne me démentiront pas !

Carte avec le parcours Saint-Chély d'Aubrac → Refuge des Rajas- détails techniques - fichier GPS [clic]

Carte avec le parcours Refuge des Rajas → Saint-Germain du Teil - détails techniques - fichier GPS [clic]


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