• Christian B.

Une semaine dans le Lesachtal

Mis à jour : avr. 20


Le Lesachtal vous connaissez ? Non ? Moi non plus, j'ignorais tout de ce Lesachtal avant que mes amis de l'Oeav m'invite dans cette vallée autrichienne de l'Ost Tirol, coincée entre les Kärnische Alpen (Alpes Carniques) côté sud, une chaîne de montagne frontière avec l'Italie non loin de la Slovénie et les Lienzer Dolomiten au nord.

Avec mes amis, Jeanne, une vieille copine de montagne et Julien, il nous a fallus pour arriver dans ce Lesachtal, 9 heures de voiture en empruntant les autoroutes italiennes de la plaine du Po puis celle du Brenner jusqu'à Brixen (Bressanone), à partir d'où nous avons remonté le long Pustertal jusqu'à Innichen avant d’entrer en Autriche en direction de Lienz. À la sortie de Sillian, nous avons remonté le Tiroler Gailtal et au Kärtitscher Sattel (1.525 m), nous avons enfin débouché dans le Lesachtal.

La vallée est d'orientation ouest-est, donc parallèle au chaînon principal des Alpes Carniques dont le plus haut sommet est le Hohe Warte (2.780 m).

Dans cette vallée élevée - entre 1.500 et 1.000 m d'altitude – nous avons été surpris par des hauteurs de neige impressionnantes avec plus de deux mètres sur le toit des chalets, le burgmeister nous dira, à l’occasion d’une soirée, que certains hivers la neige atteint les 6 mètres ! Les charpentes doivent être solides pour supporter un tel poids ! Dominée par des pentes souvent raides, il ne faut pas s'étonner que la route soit balayée fréquemment par des avalanches, les villages étant alors coupés du monde.

Dans les temps anciens la vallée a été peuplée par les boiens arrivés par l’ouest et des slaves arrivés par l’est. De nombreux noms de lieux sont dérivés de ces deux sources.

La vallée aujourd’hui vit de pâturage et d’exploitation forestière, tout en mettant en avant un tourisme doux.

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Le point de ralliement était Sankt Lorenzen im Lesachtal (1.128 m) où nous nous sommes retrouvés 70 participants à ce rassemblement international, le trente et unième du nom, une dizaine de guides de diverses nationalités, une quarantaine d'instructeurs de ski-alpinisme, le reste des participants étant des membres des familles ou des bien amis invités selon une habitude bien ancrée depuis une quinzaine d’années.

Nous avons été accueillis par nos amis Marion et Georg son mari ainsi que Roland les organisateurs de cette rencontre, qui nous ont répartis entre divers gasthof du village après nous avoir remis une documentation abondante et notamment les cartes du secteur.

J’ai retrouvé bien des têtes connues : outre Marion et Georg dont j’ai parlé, chez nos amis autrichiens, Max qui rentrait d’une expédition sur le Baïkal, le petit Hans, un très fin skieur, Tony toujours aussi jovial …

Chez nos amis suisses dont la délégation était conduite par Rudi, Barbara sa belle-sœur qui, malheureusement sera évacuée vers l’hôpital de Lienz après une mauvaise chute à skis, Urs un guide des Grisons qui vient d’emménager au Tessin…

Dois-je mettre ici Monika, la petite allemande ? La fille d’Harald - qui ne vient plus à nos rassemblements estimant que ce n'est plus de son age - participe à nos rassemblements. Des problèmes familiaux l’ont amené à venir travailler près de Bern je crois et elle a intégré la délégation suisse…

Chez mes amis allemands, Holger le fils d’Horst qui, lui aussi a transmis le flambeau, mon très vieil ami Manfred dont notre amitié au-delà des frontières date de 30 ans ( ! ).

Il faut citer aussi Jörn-Thomas (Dondon pour les intimes) toujours prêt à rendre service et dont l’excellent français est apprécié lors des traductions.

Les sud-tyroliens – les italiens de langue allemande – viennent toujours en nombre : Hermann, Matthias dont le job dans les pommes de la val Venosta (Vinschgau) lui font nous amener des caisses entières de pommes délicieuses …

Chez mes amis italiens, Valeria, la « medico », toujours prête à rigoler, Paola ma « fidanzata » à qui, après qu’on se soit jeté dans les bras l’un de l’autre, j’ai dit « quando saremo sposati » qui a fait rigoler tout le monde.

Et puis encore les gênois Pio et Michele. Avec Michele, nous avons pu vérifier depuis une douzaine d’années combien le monde était petit puisque lui et moi avons des amis communs en région lyonnaise.

La liste des têtes connues et des inconnues est longue, que ceux que je n’ai pas cités ne m’en veuillent pas !

Chaque soir, pendant le dîner, les courses proposées pour le lendemain étaient affichées, où chacun pouvait s'inscrire – six personnes dans chaque groupe, dans quelques cas huit.

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Durant cette semaine, le soleil a été plus que généreux, les paysages superbes et l’ambiance chaleureuse aidée par les quantités incroyables de bière que nous avons descendues, ont permis de réaliser chaque jour courses en montagne ou balades à la découverte de la vallée.

Pour ma part, le Hochalpl (2.384 m), l’Öfenspitze (2.334 m) et le modeste Lackenalm (1.614 m), ce dernier sommet fait en solitaire, m’ont vu fouler leur sommet.

J’ai aussi parcouru la vallée depuis Rauchenbach (1.500 m) jusqu’à St Lorenzen (1.128 m) à la découverte des chalets enfouis sous la neige dans cette vallée heureuse que nos amis Hans et Hermann, guides locaux, nous ont présentés, l’un à l’occasion de la projection d’un très vieux film en noir et blanc « Das Tal der Hundert Muhlen », l’autre en nous emmenant à la découverte des vieux chalets du village.

L’année prochaine, nos amis suisses nous invitent au San Bernardino, à la frontière des Grisons et du Tessin, l’occasion pour beaucoup de découvrir ou redécouvrir les belles montagnes de la vallée de l’Hinterrhein, un coin qui me rappellera de bons souvenirs si je peux en être.

Al prossimo anno, im nächsten Jahr, à l’année prochaine !


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