• Christian B.

Svalbard #2 Mouillage à Ymerbukta

Mis à jour : avr. 14


La traversée de l’Isfjord a été courte, une navigation pour demoiselles car presque sans vent sur une mer plate, l’idéal pour amariner des équipiers peu ou pas expérimentés.

L’Isfjord, c'est le plus grand fjord de la côte ouest de l'archipel, avec ses 105 kilomètres de long et ses 12 kilomètres de large à l'entrée, suivi d'un système de ramifications étendu, menant vers d'autres fjords plus petits. Au fond du fjord, la côte est n'est qu'à quelques dizaines de kilomètres ! L’Isfjord a été nommé ainsi en 1610 par le baleinier anglais Jonas Poole qui y rencontra de la banquise d'où son nom « fjord des glaces ». Son étendue permet au Gulf Stream qui le pénètre, de tempérer le climat de la région. Là sont représentés tous les aspects de la géographie, de la géologie, de la biologie et de l'histoire du Svalbard. Dans aucun autre fjord on ne retrouve une telle richesse de paysages. La plupart des agglomérations, dont les plus importantes sont Longyearbyen et Barentsburg, se trouvent ici.

À l'entrée de l'Isfjord se trouvent deux points de repère importants : l'Alkhornet au nord avec ses falaises à oiseaux et le Kapp Linné au sud, d'où émergent les bâtiments de l'Isfjord Radio. On trouve ensuite tout un complexe de fjords et de baies secondaires : Trygghamna, Ymerbukta, Borebukta et bien d’autres... Au fond des baies et de ces fjords viennent vêler des dizaines de glaciers petits ou grands.

À maints égards le fjord constitue une oasis fertile dans un environnement austère, grâce à un climat favorable aussi bien qu'à l'abondance de nutriments pour la faune et la flore. L'intérieur du fjord est protégé du froid de la côte et l'été connaît des températures relativement douces, en particulier sur les versants exposés au sud et parfois fertilisés par les engrais venant des falaises à oiseaux.

Les conditions sont favorables pour la vie animale : les courants marins chauds – c’est tout relatif ! - pénètrent dans le fjord où ils rencontrent l'eau douce froide issue des glaciers, laquelle descend dans les profondeurs en créant ainsi une circulation verticale des masses d'eau. De cette façon les substances nutritives se mettent à tourbillonner et stimulent, sous le soleil de minuit permanent, une forte production de phytoplancton.

À la base de la chaîne alimentaire arctique se trouvent les algues, absorbées par de petits crustacés, eux-mêmes à nouveau consommés par de plus gros crustacés et des poissons comme le capelan ou la morue polaire. Crustacés et poissons constituent ensuite la nourriture des oiseaux marins comme le mergule nain, le guillemot de Brünnich, le guillemot à miroir, le goéland bourgmestre ou la mouette tridactyle. C'est pourquoi on peut observer une avifaune riche près des glaciers.

Après quelques heures de navigation, nous sommes venus mouiller au fond de l’Ymerbukta, en face de l’Esmarkbreen, un très beau glacier.

Après une nuit – qui n’en était pas une avec un soleil brillant dans un ciel immaculé : à minuit le soleil se trouve à 30° au-dessus de l’horizon et … en plein nord – nous nous préparons à débarquer alors que le capt'ain s'équipe d'un fusil de gros calibre imposé par la réglementation du Svalbard en précaution d'attaque d'ours qui, sans représenter un danger important, sont malgré tout une menace permanente et on connaît quelques accidents ayant nécessité de tirer. L'ours étant totalement protégé, il ne faut tirer qu'en cas de légitime défense et dans pareil cas, une déclaration doit être fait dans les plus brefs délais aux autorités qui feront faire une enquête à l'égal d'un crime commis dans l'hexagone ! Si, si ...

Lors de notre petit tour à terre, nous avons été accueillis non par des ours mais par des sternes agressives et aussi par de placides mouettes tridactyles et des guillemots à miroir alors que des phoques indifférents sommeillaient sur la glace de mer au pied du glacier.


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